Après une année de conflit - La FTQ dénonce le sursis accordé à la Place des Arts

Montréal, 29 juin 2000 - La FTQ dénonce le sursis accordé à la Place des Arts comme étant un autre exemple de la facilité avec laquelle on judiciarise les relations de travail au Québec.

Le président de la FTQ est extrêmement déçu de cette situation. « Les employeurs sont toujours sur l’autoroute et les salariés sur la voie de service quand vient le temps d’avoir un remède rapide à une violation des lois du travail, dit Henri Massé. Ils ont plus de facilité à obtenir une décision favorable pour limiter le droit de grève, notamment le piquetage. En revanche, nous constatons qu’il est difficile d’obliger un employeur comme la Place des Arts, reconnu trois fois coupable, de cesser d’utiliser des briseurs de grève. »

En effet, les techniciens de la Place des Arts, membres de la section locale 56 de l’Alliance internationale des employés de scène et de théâtre (AIEST-FTQ), sont victimes de nombreux délais juridiques. Même si trois jugements du Tribunal du travail, le dernier en date du 22 juin, ont reconnu que la Place des Arts utilisait des briseurs de grève depuis le début du conflit, le 22 juin 1999, leur demande d’injonction pour faire cesser les violations au Code du travail et rétablir un sain équilibre entre les parties a été refusée par la Cour supérieure le 20 juin.

La coupe est pleine

Pour Henri Massé, la fuite en avant des dirigeants de la Place des Arts, apparemment satisfaits du sursis qui leur est accordé avec le report à l’automne de la guérilla juridique, ne doit pas nous faire oublier que l’employeur n’a plus les mains blanches dans ce conflit. D’ailleurs, dès le 14 juin, le commissaire général du travail avait refusé de nommer d’autres enquêteurs car « deux décisions ont été rendues par le Tribunal du travail qui a reconnu que l’employeur avait commis des infractions, que d’autres constats d’infraction ont été déposés à ce tribunal et, finalement, que la Cour supérieure entendra prochainement votre requête en injonction ».

« On ne peut donc plus parler de présomption d’innocence », conclut Henri Massé.

Pour la FTQ, la preuve est encore faite que notre système de relations de travail a besoin d’être amélioré et qu’il est plus que temps de moderniser le Code du travail.

Source

  • FTQ
  • http://www.ftq.qc.ca

Renseignements

  • Carole Clément, FTQ
  • cclement@ftq.qc.ca