Après neuf ans de lock-out, 11 typographes membres de la FTQ gagnent leur bataille et sont réembauchés par le quotidien The Gazette

Montréal, le 17 mai 2002 – Neuf ans après avoir été lock-outés (le 17 mai 1993), onze typographes du quotidien The Gazette à Montréal, membres de la FTQ, ont finalement gagné leur bataille : ils viennent d’être réembauchés après un conflit de travail qui aura été l’un des plus longs dans l’histoire du mouvement ouvrier en Amérique du Nord, annonce M. René Roy, secrétaire général de la FTQ. Les onze syndiqués sont membres de la section locale 145 du Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), affiliée à la FTQ.

De retour sur la liste de paie de The Gazette depuis lundi (le 13 mai 2002), les onze syndiqués ont rencontré leur employeur mercredi. Ils commenceront bientôt une session intensive de formation en infographie, à l’Institut des communications graphiques du Québec, avant de reprendre le travail. Leur moyenne d’âge est de plus de 55 ans. La nouvelle convention collective, d’une durée de cinq ans, est rétroactive à juin 2001.

Durant cette très longue bataille, les lock-outés ont pu bénéficier de la solidarité active et d’un appui financier substantiel du SCEP et de la section locale 145, souligne M. Michel Ouimet, vice-président (Québec) du SCEP-FTQ.

Ce dénouement met fin à une très longue saga judiciaire qui a même connu un épisode jusqu’en Cour suprême du Canada, rappelle M. Michel Handfield, président de la section locale 145. Dans une décision rendue en octobre 2000, la Cour suprême donnait raison aux typographes en refusant d’entendre l’appel de l’employeur qui contestait une décision rendue par la Cour d’appel en faveur des lock-outés. C’est finalement un jugement de la Cour supérieure du Québec, rendu le 2 mai dernier, qui a permis de régler le conflit.

La sécurité d’emploi

Le litige portait essentiellement sur le maintien de la sécurité d’emploi des typographes en contrepartie des changements technologiques. Cette sécurité d’emploi était garantie non seulement dans la convention collective mais aussi par des contrats individuels de nature civile. Les typos avaient la garantie d’un emploi régulier à plein temps jusqu’à l’âge de 65 ans. Cette garantie existait depuis la convention signée en 1982, alors qu’il y avait plus de 200 typos à The Gazette; elle a été renforcée dans la convention de 1987 qui garantissait « le maintien du standard de vie » des syndiqués, quoi qu’il arrive.

Cette obligation contractuelle a été confirmée dans une importante sentence arbitrale rendue en 1996 par un arbitre de grande réputation, M. Claude H. Foisy, qui avait alors ordonné à l’employeur de rappeler au travail ses typos sans emploi depuis un premier lock-out déclenché le 17 mai 1993.

Ce lock-out, d’une durée de quinze mois, avait pris fin le 24 août 1994. Sur les 63 typos impliqués dans ce conflit, 11 n’avaient pas accepté la paie de séparation proposée par The Gazette. À la fin du lock-out, ils ont continué d’être sur la liste de paie de l’employeur mais sans pouvoir travailler. À l’expiration de leur contrat, le 3 juin 1996, l’employeur a décrété un nouveau lock-out. Les onze typos étaient donc sans travail depuis neuf ans, soit depuis mai 1993.

Les compensations et les dommages-intérêts qui doivent être versés aux syndiqués restent à être déterminés.

Le SCEP, un des plus grands syndicats affiliés à la FTQ, compte plus de 50 000 membres au Québec. La FTQ, la plus importante centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • lfournier@ftq.qc.ca