2012-10-24 10:30:00
Assurance-emploi
Une large coalition réclame un
changement de cap
Les organisations rappellent que le
gouvernement fédéral est d’autant plus mal avisé de procéder à de
tels changements qu’il ne verse pas un sou au programme financé
exclusivement par les travailleuses, les travailleurs et leurs
employeurs. De plus, cette décision unilatérale d’Ottawa aura des
répercussions pour le Québec, ne serait-ce que parce que davantage
de chômeuses et de chômeurs devront avoir recours à l’aide sociale.
Une réforme qui génère pauvreté et
exclusion
Pour le secrétaire général de la Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, les conservateurs
ratent complètement la cible s’ils croient vraiment que leurs
changements diminueront le nombre de chômeuses et de chômeurs. «
Pour diminuer le chômage, il faut adopter des politiques qui vont
dans le sens d’un renforcement des économies régionales, d’une
bonification du pouvoir d’achat des salarié-es et de la
redistribution des richesses. La réforme fait tout le contraire :
elle créera plus de pauvreté et d’exclusion. L’esprit du programme
d’assurance-emploi, c’est d’amoindrir pour les salarié-es les
impacts négatifs des cycles économiques, des situations sur
lesquelles ils n’ont aucune emprise. Les conservateurs bafouent ce
principe ».
Du côté de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), on
recueille depuis plusieurs mois des lettres d’appui pour faire
reculer les conservateurs. « Dans toutes les régions, les
municipalités, les MRC et les organismes de développement
économique signent actuellement des déclarations demandant au
gouvernement conservateur de revenir sur ces mesures unilatérales
et de consulter les provinces sur de tels changements, explique le
vice-président de la CSN, Jean Lacharité. La réforme conservatrice
touche de plein fouet les économies régionales en tirant les
salaires vers le bas de façon générale et elle encourage l’exode de
la main-d’œuvre ».
Perte d’expertise
La crainte de perdre des employé-es expérimentés forcés de trouver
de l’emploi dans d’autres domaines ou dans d’autres régions est
bien réelle pour plusieurs entreprises, par exemple dans les
secteurs du tourisme ou de la foresterie.
Même dans certains services gouvernementaux de nature plus
saisonnière on craint que ces changements accentuent des problèmes
de main-d’œuvre. « Il y a, dans certains ministères, au Québec, des
gens qui se retrouvent au chômage chaque année, à une période
donnée parce qu’il n’y a pas de travail. C’est le cas par exemple à
la SEPAQ, rappelle le vice-président du Syndicat de la fonction
publique et parapublique du Québec (SFPQ), André Godbout. Il y a un
risque réel d’une perte d’expertise, parce que si ces personnes
qualifiées ne peuvent plus compter sur l’assurance-emploi,
plusieurs n’auront d’autre choix que de quitter leur région pour
trouver un travail plus stable. »
Le même genre de phénomène a de fortes chances de se produire aussi
dans des secteurs où l’entrée des jeunes sur le marché du travail
commence souvent par quelques années de précarité. « En éducation,
par exemple, de jeunes diplômé-es n’ayant pas encore d’emploi
stable pourraient être forcés d’accepter des emplois se trouvant
dans des domaines totalement étrangers à leur formation, enchaîne
le secrétaire-trésorier de la Centrale des syndicats du Québec
(CSQ), Daniel.B. Lafrenière. Cette main-d’œuvre qualifiée risque
donc avec le temps de déserter complètement la profession pour
laquelle elle a été formée. »
Une étape dans la
mobilisation
« La manifestation du 27 octobre ne sera pas l’aboutissement de
notre mobilisation : elle en marque une étape importante, mais nous
entendons prendre tous les moyens nécessaires pour obtenir un
changement de cap de la part du gouvernement, assure le
vice-président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD),
Claude Faucher. C’est un vaste mouvement social qui est en marche
partout au Canada. Il est inacceptable que ce gouvernement s’entête
dans cette réforme, à l’encontre de l’avis des experts, des
syndicats, des organismes économiques et même de plusieurs
provinces comme le Québec et celles des Maritimes qui réclament une
véritable consultation à ce sujet. »
À propos
Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) regroupe
différentes associations de personnes sans-emploi, partout au
Québec. Ensemble, la FTQ, la CSN, la CSQ, la CSD et le SFPQ
représentent plus de 1,2 million de travailleuses et de
travailleurs, principalement au Québec.
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Renseignements : Jean Laverdière, FTQ, 514 893-7809