Vidéotron - Bientôt la signature d'une nouvelle convention collective

<i>(Photo: Serge Jongué)

(Photo: Serge Jongué)

Les deux syndicats des employés de Vidéotron ont ratifié l’entente de principe intervenue il y a exactement une semaine. Lors d’une assemblée tenue à Laval, le SCFP 2815 a approuvé l’entente à 77,6% tandis qu’à Québec, les membres du 1417 ont donné leur aval à 84,5%. Cette entente survient après 322 jours d’un long et acrimonieux conflit de travail.

Point majeur de l’entente, la vente des technciens à la firme Entourage (Alentron) sera annulée dès la signature de la nouvelle convention collective qui, estime-t-on, devrait avoir lieu dans environ deux semaines. Ce point est majeur, d’autant plus que l’employeur avait maintes fois affirmé qu’il était «impossible de reculer», alléguant que l’équipement, les camions, les outils ne lui appartenaient plus. «Le chèque est encaissé et c’est terminé», avait-on répété du côté de l’employeur.

La compagnie a aussi reculé sur l’importante question du centre d’appel qui a constitué un énorme enjeu, bien que cet aspect du dossier ait été moins médiatisé que la vente du service technique. Rappelons qu’en juin, alors que le conflit faisait rage, Vidéotron fermait son centre d’appel de la rue Ogilvy, à Montréal, et décidait de tout transférer à Saint-Hubert, sur la rive sud, dans un lieu où il n’y a pas de transport en commun. En tenant compte du temps de déplacement, la journée de travail de centaines d’employés venait d’être allongée de plusieurs heures. Dans certains cas, cela aurait représenté une absence quotidienne du domicile d’une durée de 14 heures! En cette époque où les deux conjoints travaillent et où les enfants sont confiés à la garderie, il est facile de comprendre pourquoi cet enjeu, qui n’existait pas au moment du déclenchement du conflit le 8 mai 2002 (la compagnie avait annoncé la fermeture en juin), s’est retrouvé au coeur des discussions des derniers mois.

Sur ce point aussi, l’employeur a dû reculer. L’entente prévoit qu’un centre d’appel sera construit rue Viger, à Montréal, à proximité d’une station de métro.

Pour la partie syndicale, le règlement se compose aussi de concessions, dont notamment la réduction du personnel. Au total, 268 postes seront abolis, dont 120 parmi les techniciens. Mais ces abolitions se font sans aucune mise à pied. La réduction des effectifs s’effectuera à la faveur d’un programme spécial de départs volontaires, en vertu duquel les employés pourront toucher de 15 à 18 mois de salaire. Le programme s’adresse à l’ensemble des employés et non pas aux seuls techniciens.

D’autre part, les salaires sont gelés pour les trois premières années du contrat (2002, 2003 et 2004) tandis que des augmentations annuelles de 2,5% seront versées aux employés en 2005 et aussi en 2006. Même si les pourcentages de sous-traitance autorisés par la convention sont relevés, conséquence directe des départs volontaires, il importe de préciser que l’encadrement de la sous-traitance a été amélioré. Les règles de vérification des heures ainsi travaillées par des employés extérieurs seront contrôlées sur une base mensuelle plutôt qu’annuelle.

L’éditorailiste du Devoir Jean-Robert Sansfaçon résume ainsi le règlement: «De leur côté, pour éviter qu’une partie des leurs soit transférée, l’ensemble des employés accepte de partager la facture et consent un léger recul de ses conditions de travail. Environ 270 des 2200 postes seront supprimés grâce à la mise en place d’un programme de départs assistés. Au chapitre des conditions de travail, les employés feront 2,5 heures de plus par semaine pour un même salaire, lui-même gelé jusqu’en 2005; le nombre de jours fériés passe de 16 à 14, et celui des congés de maladie, de 15 à 10. Quant aux vacances, particulièrement généreuses chez Vidéotron, elles ne dureront plus que… six semaines au lieu de huit. Finalement, Vidéotron pourra un peu plus souvent faire appel à la sous-traitance, à la condition que cela n’entraîne aucune mise à pied. En somme, ce que Quebecor a obtenu lui permettra de réduire ses coûts sans atteinte grave à la qualité des conditions générales de travail des employés, qui demeure supérieure à la moyenne.»

Signalons enfin que le retour au travail des employés se fera progressivement selon les fonctions. Il s’échelonnera sur huit ou neuf semaines, après la signature de la convention.

D’ici à leur retour au travail, tous les syndiqués continueront de recevoir des prestations de grève du Syndicat canadien de la fonction publique. Pendant le conflit, les employés en grève recevaient des prestations bonifiées allant jusqu’à 275 $ par semaine (somme nette).

Il faut en savoir gré à l’ensemble des syndiqués SCFP de tout le Canada, un peu plus de 500,000 membres, qui contribuaient au soutien financier des 2200 lockoutés, en plus de nombreux dons et soutiens divers, principalement de syndicats locaux SCFP et FTQ, mais aussi de syndicats affiliés à d’autres centrales.

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