Vêtements de travail - Exigeons des vêtements propres !

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<b>Atelier de misère :</b> (n) anglais sweatshop, 1882. • Entreprise où règnent des conditions de travail inhumaines : des salaires médiocres, de trop nombreuses heures supplémentaires forcées et souvent non payées, aucune protection de la santé et de la sécurité au travail, le droit à la syndicalisation durement réprimé et, dans plusieurs cas, du harcèlement et de la violence contre les travailleuses et les travailleurs.

Atelier de misère : (n) anglais sweatshop, 1882. • Entreprise où règnent des conditions de travail inhumaines : des salaires médiocres, de trop nombreuses heures supplémentaires forcées et souvent non payées, aucune protection de la santé et de la sécurité au travail, le droit à la syndicalisation durement réprimé et, dans plusieurs cas, du harcèlement et de la violence contre les travailleuses et les travailleurs.

Des vêtements qui imposent le respect des droits

Savez-vous si les vêtements de travail fournis par votre employeur ont été fabriqués dans des ateliers de misère ? La petite étiquette « fait en Chine », « fait au Mexique » ou « fait au Canada » ne vous dit pas si les droits de travailleuses et des travailleurs ont été respectés.

Il n’y a pas que les grandes multinationales comme Nike, Wal-Mart, Mattel ou Disney qui profitent des ateliers de misère. Le recours aux ateliers de misère est courant dans l’industrie des uniformes et des vêtements de travail. Poussées par la concurrence, les petites comme les grosses entreprises de vêtements y ont recours. On retrouve des ateliers de misère autant dans les usines de fabrication que les entreprises d’entretien des uniformes.

Il faut exiger des employeurs qu’ils fournissent des vêtements de travail fabriqués dans des conditions qui respectent les droits de travailleurs et des travailleuses.

Les ateliers de misère se retrouvent dans un nombre grandissant de pays et dans une multitude d’industries : chaussures, vêtements, uniformes de travail, pièces électroniques, accessoires de sport, jouets, fleurs, décorations, etc. Les ateliers de misères regroupent plusieurs phénomène d’exploitation des travailleuses et travailleurs. En voici les trois visages principaux :

Le travail des enfants

À l’heure actuelle, 186 millions d’enfants de moins de 15 ans travaillent dans le monde. Même s’il n’est pas souhaitable, le travail des enfants est inévitable dans les pays où les gens vivent dans une pauvreté extrême. En effet, le revenu des parents étant insuffisant, l’apport financier des enfants s’avère vital. Les employeurs en profitent. En engageant des enfants, ils se permettent de baisser encore plus les salaires et s’assurent d’avoir une main-d’œuvre docile. Ces enfants travaillent dans l’agriculture ainsi que dans les industries du textile, du vêtement, des articles de sports, etc.

Sur les 186 millions d’enfants qui travaillent régulièrement, les deux-tiers le font dans des conditions dangereuses. 110 millions d’entre eux ont moins de 12 ans. 8,4 millions d’enfants sont esclaves ou ont été vendus. De plus, chaque année, 22 000 enfants trouvent la mort dans un accident du travail.

Source : Human Rights Watch.

Sous-traitants exploiteurs

Alors que les consommateurs et les employeurs recherchent toujours le prix le plus bas, les entreprises de fabrication désirent produire à rabais et inscrire des profits records. Pour satisfaire consommateurs et actionnaires, les grandes compagnies ont de plus en plus recours à la sous-traitance. À la recherche du sous-traitant qui offre les meilleurs prix, elles peuvent aussi bien donner un contrat au Bangladesh, puis un autre au Québec le mois suivant pour ensuite se tourner du côté de l’Indonésie. Souvent, le sous-traitant lui-même refile le travail à une autre petite entreprise.

Peu importe à qui est octroyé le contrat, la pratique de la sous-traitance contribue à la détérioration des conditions de travail. L’instabilité des contrats, la concurrence féroce et le désir de profits forcent les différents sous-traitants à utiliser tous les moyens pour réduire leurs coûts de production : non-respect des normes du travail de base, fraudes, travail au noir, mépris de l’environnement, etc.

La concurrence injuste créée par la sous-traitance a des impacts sur les travailleuses et les travailleurs jouissant de bonnes conditions de travail. Par exemple, au cours des 25 dernières années, 30 000 emplois nord-américains de l’industrie du jouet ont été transférés dans des pays du tiers-monde, majoritairement en Chine. Selon des organisations ouvrières de Hong Kong plusieurs de ces « nouveaux » emplois offrent des conditions dignes des ateliers de misère.

En Chine, dans plusieurs manufactures de vêtements, les employés reçoivent moins de 25 cents US l’heure, malgré que le salaire minimum soit d’environs 48 cents US l’heure. Avec 25 cents l’heure, la travailleuse peut acheter autant de biens et services qu’une travailleuse québécoise qui gagnerait un salaire de 1,36 $ l’heure.

Au Québec, travail à domicile et travail précaire

Au Québec, les travailleuses et les travailleurs ne sont pas à l’abri des ateliers de misère. Déjà, les conditions de certaines travailleuses à domicile se rapprochent dangereusement de cette forme d’exploitation. Au début des années 1990, les industries du vêtement et du textile ont dû adopter de nouvelles stratégies afin de demeurer compétitives face aux importations des pays à bas salaire. Un des moyens choisis a été de fermer les manufactures et d’octroyer des petits contrats à des femmes pour qu’elles travaillent chez elles.

Plusieurs milliers de femmes, en majorité des immigrantes, travaillent à domicile et doivent fournir à leur frais leur machine à coudre et leurs outils de couture. Pour remplir leurs quotas, elles doivent travailler de nombreuses heures pour un salaire à la pièce bien en deçà du salaire minimum. Sans sécurité d’emploi ou avantages sociaux, elles sont réduites à la précarité. De plus, l’isolement dans lequel elles se retrouvent rend difficile le regroupement et la solidarité.

D’autre part, l’industrie du vêtement voit maintenant apparaître un certain nombre de petites entreprises précaires. Les employeurs délinquants installent des usines dans des locaux inappropriés (anciens garages, caves, etc.), engagent des travailleuses « au noir » et ne respectent aucunement les normes du travail. Poussées par la compétition entre sous-traitants, ces entreprises réduisent leurs coûts sur le dos de leurs employées.

Quelles sont les causes ?

La concurrence internationale
L’ouverture des frontières, la multiplication des multinatio-nales ainsi que l’augmentation des échanges internationaux représentent certaines des explications principales de la prolifération des ateliers de misère. Dans notre ère de mondialisation, les entreprises et les multinationales déplacent à souhait les emplois vers les cieux les plus profitables ou divisent la production en plusieurs étapes qu’elles distribuent à travers le monde entre leurs filiales ou différents sous-traitants. Ainsi, bien malgré eux, les travailleuses et les travailleurs du monde entier sont placés en situation de concurrence. Au Sud, confrontés à la pauvreté et au manque de démocratie, ils sont contraints d’accepter l’exploitation; Au Nord, menacés par le chômage et les délocalisations, ils subissent un recul de leurs conditions de travail.

À l’aide de vastes campagnes de publicité, les multinationales cherchent à se créer une belle image « cool » afin d’identifier leur marque. Cette image sert à camoufler l’origine du produit et surtout les conditions de fabrication de celui-ci. De toute manière, les multinationales affirment qu’elles ne sont pas responsables des abus commis par leurs fournisseurs.

Des gouvernements aveugles
Avec la mondialisation des échanges, les gouvernements des différents pays doivent souvent plier devant les exigences des multinationales et des investisseurs. Pour rembourser leurs dettes, les gouvernements des pays pauvres sont contraints par les organisations internationales (FMI et Banque mondiale en particulier) d’augmenter leurs exportations. Ainsi, pour attirer les emplois et les investissements, ils ferment les yeux sur le non-respect des droits des travailleuses et des travailleurs. Au Nord, pour garder ou attirer des emplois, les gouvernements acceptent souvent de déréglementer le marché du travail. Cette soumission des gouvernements contribue à la prolifération des ateliers de misère.

Les femmes, premières victimes

Dans l’industrie mondiale du textile, souvent associée aux ateliers de misère, 75 % des 23,6 millions de gens qui travaillent pour cette industrie sont des femmes. Au Québec, la situation n’est pas différente : 71 % des personnes qui oeuvrent dans l’industrie du vêtement sont des femmes, majoritairement des immigrantes.

Source : OIT ET Statistiques Canada.