« Une mise à jour économique : une autre occasion ratée de mettre à contribution les entreprises. » — Daniel Boyer, président de la FTQ

Réaction de la FTQ à la mise à jour économique

Montréal, le 2 décembre 2014. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) déplore le manque d’imagination de l’exercice comptable du gouvernement Couillard. « Malgré les récentes hausses pour les services de garde et l’ensemble des compressions annoncées, le gouvernement aurait dû demander des efforts supplémentaires aux entreprises », constate le président de la FTQ, Daniel Boyer.

« La contribution supplémentaire demandée aux institutions financières n’est que symbolique. À titre d’exemple, les deux mesures annoncées qui s’adressent à l’ensemble des institutions financières rapporteront 253 millions, soit moins de 1 % des profits des banques (en 2013, 29 milliards de profits). La FTQ a formulé des revendications en ce sens, mais elle s’attendait à des mesures plus musclées. C’est vraiment indécent », ajoute Daniel Boyer.

« Comment se fait-il qu’au Québec, 32 % des grandes entreprises (1825) ne paient aucun sou d’impôt? Pourquoi le gouvernement refuse-t-il d’instaurer un impôt minimum pour les grandes entreprises alors qu’elles sont assises sur des montagnes de liquidités? Comment se fait-il également que les gains en capital ne soient pas imposés à 100 %, comme tous les revenus de travail? », s’interroge Daniel Boyer.

L’équilibre budgétaire n’est pas une religion

Pour la FTQ, le gouvernement Couillard va trop vite dans son objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire dès cette année. « La FTQ n’est pas contre l’atteinte de cet équilibre, bien au contraire, mais il faut prendre le temps de bien faire les choses et non agir de façon idéologique, dans la précipitation, en ne se préoccupant pas du sort des plus démunis et de la classe moyenne. »

Par exemple, le resserrement des critères d’admissibilité à la prime au travail vient frapper de plein fouet les ménages à plus faible revenu. De même, la diminution du crédit d’impôt de moitié pour les cotisations syndicales et professionnelles qui affectera davantage les travailleurs et les travailleuses de la classe moyenne. « Il s’agit d’une attaque contre toute forme de représentation collective, que ce soit un syndicat ou une association professionnelle », indique Daniel Boyer.

Par ailleurs, Québec doit suspendre pour la prochaine année le versement de 1 milliard de dollars prévu au Fonds des générations, cela permettrait au gouvernement de se donner une marge de manœuvre et d’éviter ainsi de passer à la tronçonneuse les programmes sociaux.

« En maintenant le cap sur l’équilibre budgétaire, les libéraux font peser sur le Québec le spectre d’une récession comme l’ont déjà déclaré certains économistes. Ce n’est pas en mettant du monde à la rue que l’on va améliorer les services à la population », ajoute le président de la FTQ.

« Plus que jamais, la population du Québec doit se mobiliser et dénoncer ce gouvernement qui ferme les yeux sur la colonne des revenus et matraque la classe moyenne. Quant aux mesures de création d’emploi et de stimulation de l’économie, c’est le désert », conclut le président de la FTQ.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.