« Une hausse substantielle des amendes et des accusations criminelles doivent être sérieusement envisagées » – Henri Massé, président de la FTQ

11e Journée internationale de commémoration des travailleuses et travailleurs décédés ou blessés au travail

Images de croix et de travailleurs devant les bureaux de la CSST.

Plusieurs travailleurs de la FTQ ont tenu une vigile dans la nuit du 27 au 28 avril en mémoire des travailleuses et des travailleurs décédés ou blessés au travail en 2005.

Montréal, vendredi le 28 avril 2006. – À l’issue d’une vigile de près de 10 heures tenue pour souligner la 11e journée internationale de commémoration des travailleuses et travailleurs décédés ou blessés au travail, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) en appelle à des mesures énergiques de prévention dans les milieux de travail et à la mise en place des mécanismes de prévention pourtant prévus par la loi mais non appliqués.

Un virage important s’impose

« Nous avons amplement laissé la chance à une approche incitative, misant sur la bonne foi et le jugement des employeurs en matière de prévention. Même si nous ne mettons pas tous les employeurs dans le même bateau, on doit constater aujourd’hui que cette approche n’a pas livré la marchandise.

« Il faut aujourd’hui effectuer un virage important en augmentant le nombre d’inspecteurs, en haussant substantiellement le montant des amendes auxquelles s’exposent les employeurs délinquants ou criminels et en passant clairement le message qu’un décès en milieu de travail ou lié au travail, c’est un décès de trop que notre société ne saurait tolérer », a déclaré le président de la FTQ, M. Henri Massé, à l’occasion de la vigile tenue devant le siège social de la CSST à Montréal.

Moins cher de braconner que de sacrifier la vie d’un travailleur

« Malheureusement, c’est encore et toujours l’argent qui parle pour certains employeurs tentés de tourner les coins ronds en matière de santé et sécurité pour augmenter leurs marges de profit.

« Tant qu’il en coûtera moins cher de sacrifier la vie d’un travailleur que d’être pris à braconner, il s’en trouvera pour continuer à jouer à la roulette russe avec la vie de travailleurs. Il faut que ça cesse », a martelé le président de la FTQ qui a rappelé la hausse importante du nombre de décès constatés en 2005 par rapport à 2004.

Des accusations criminelles contre les employeurs délinquants

« Des amendes importantes comme on en trouve dans la majorité des autres provinces et au fédéral et la menace de faire face à des accusations criminelles devraient faire réfléchir sérieusement les employeurs sur l’importance de maintenir des milieux de travail sécuritaires. À la limite, ça peut devenir une question de rentabilité pour les entreprises », a ajouté M. Massé.

Une véritable culture de la prévention chez les jeunes

Plus largement, la FTQ plaide également pour que la prévention fasse partie des apprentissages de base tant au niveau de la formation professionnelle que dans le système d’éducation en général.

« De plus en plus de jeunes voient leur vie et leur santé hypothéquées par des accidents qui auraient pu être évités si on s’était donné la peine de prévoir une formation de base en prévention avant même leur entrée sur le marché du travail.

« Ces jeunes se retrouvent souvent sur des quarts de travail avec un minimum de supervision, de soir, de nuit, la fin de semaine, avec des environnements de travail ou des machines qu’ils maîtrisent mal et souvent en changeant de machine d’un quart à l’autre.

« Des plus de 20 000 jeunes de 24 ans ou moins blessés chaque année au travail, un bon nombre d’accidents auraient pu être évités par la mise en place d’une véritable culture de la prévention », a conclu le président de la FTQ.

Près de 5 000 travailleurs morts tous les jours dans le monde

Rappelons que c’est le 28 avril 1996, à la suite d’une première initiative en ce sens au Canada, que des syndicats de plus de 70 pays ont organisé pour la première fois des cérémonies commémoratives afin de souligner le nombre effarant de travailleuses et travailleurs morts, blessés au travail ou ayant contracté une maladie professionnelle.

L’Assemblée nationale du Québec adoptait en 2002 une motion soulignant le 28 avril comme journée de commémoration des travailleuses et travailleurs morts et blessés au travail.

Selon la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et l’Organisation internationale du travail (OIT), chaque année plus de 2 millions de travailleuses et travailleurs perdent la vie en raison de leur emploi, ce qui représente près de 5 000 travailleurs morts dans le monde tous les jours.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.