Une décision sauvage, irresponsable et totalement injustifiable de TVA

Réal Leboeuf, président de la section locale 687 (TVA) et Nathalie Blais, vice-présidente-information en conférence de presse pour dénoncer le démantèlement du service des sports.

Réal Leboeuf, président de la section locale 687 (TVA) et Nathalie Blais, vice-présidente-information en conférence de presse pour dénoncer le démantèlement du service des sports.

Montréal, mardi 26 mars 2002 – « Les explications cousues de fil blanc de la part de la direction de TVA quant au caractère imprévisible de la décision de retirer de la grille horaire le bulletin des sports de 23 h 30 ne dupent personne. Appelons un chat un chat : il s’agit d’une décision sauvage, irresponsable et totalement injustifiable », a déclaré Réal Leboeuf, président de la section locale 687 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ).

TVA n’a rien à envier à tous les Malenfant de ce monde

« Quand on a le culot de commenter à des journalistes de la presse écrite le retrait de la grille horaire d’un bulletin de sports qui connaît la plus grosse cote d’écoute au Québec avant même d’en avoir informé ses principaux artisans qui y perdront leur emploi, sans préavis, comme l’a fait la direction de TVA, on n’a rien à envier à tous les Malenfant de ce monde », a ajouté le dirigeant syndical.

Rappelons que le syndicat a appris par les journaux, en même temps que la population et les personnes concernées, l’intention de la direction de TVA de retirer de sa grille horaire le bulletin de 23 h 30. Cette décision, effective dès lundi, coûte leur emploi à quatre journalistes permanents et à six journalistes surnuméraires.

Malgré les préavis de mise à pied, non respectés, prévus à la convention collective, l’employeur a prétendu que ces préavis n’étaient pas de rigueur mais simplement à titre indicatif dans le contrat de travail.

TVA et Quebecor se rient du CRTC et de la population

« Cette décision ne s’explique aucunement, ni sur le plan économique ou d’affaires, ni à la face même des assurances données par Quebecor au CRTC lorsque ce dernier a approuvé la transaction Quebecor-TVA-Vidéotron.

« En agissant de la sorte, TVA accentue la convergence, limite davantage la pluralité et la diversité des sources d’information et se rie du CRTC qui avait loué les avantages tangibles de la transaction pour les téléspectateurs.

« On va forcer les consommateurs qui ne sont pas branchés à aller sur le câble, donc à payer pour des services disponibles gratuitement jusqu’à hier soir. Est-ce là un des avantages de la synergie prônée sur toutes les tribunes et devant le CRTC par Pierre-Karl Péladeau pour tenter d’amadouer tout le monde avant la transaction ? », a questionné M. Leboeuf.

Utiliser les fonds publics pour faire la job de bras

« Ne l’oublions pas : la transaction qui a permis à Quebecor de se porter acquéreur de TVA n’aurait jamais été possible sans l’intervention de la Caisse de dépôt, donc des fonds publics. Aujourd’hui ce sont une dizaine de journalistes qui perdent leur emploi… grâce à l’apport de ces fonds publics », a ironisé Réal Leboeuf.

« N’y aurait-il pas un certain nombre de questions à poser à la Caisse de dépôt sur le caractère responsable ou éthique de cet investissement, à la lumière des événements que nous vivons présentement ? Il semble bien que les ambitions mercantiles de M. Péladeau l’aient emporté aujourd’hui sur ses engagements et promesses proférés tous azimuts pour en arriver à ses fins. »

Une manoeuvre d’intimidation patronale?

Évoquant les négociations avec l’employeur pour le renouvellement de la convention collective, Réal Leboeuf fait valoir que s’il s’agit là d’une manoeuvre patronale d’intimidation visant à briser la solidarité des membres, il va produire exactement l’effet inverse.

« Les personnes estomaquées par ce geste brutal et gratuit de l’employeur réalisent à quel point il est important plus que jamais de se prémunir contre l’arbitraire de telles décisions et, surtout, de la façon dont elles sont mises en application », a conclu le dirigeant syndical.

Le syndicat rencontrera en avant-midi les journalistes touchés par la décision de TVA et fera le point en conférence de presse à 14 h 30 en un lieu qui sera communiqué en matinée.

Source: SCFP
http://scfp.qc.ca