Une année de résistances féministes

Marche mondiale des femmes en 2015

Montréal, le 8 mars 2015. Cet après-midi, des centaines de militantes de la Marche mondiale des femmes (MMF) se sont donné rendez-vous au centre-ville de Montréal pour s’opposer à l’austérité, la destruction environnementale et la militarisation. Elles se sont jointes à la marche annuelle organisée par le collectif Femmes de diverses origines à l’occasion de la Journée internationale des femmes. La Marche mondiale des femmes a tenu à reconnaître le leadership des femmes immigrantes et des femmes de couleur dans les luttes contre la complicité des États avec la violence, la pauvreté et la répression contre les femmes de toutes origines et pour un monde plus juste pour toutes.

La journée a débuté avec une action éclair devant l’entreprise Suncor dans l’est de Montréal. Une centaine de militantes ont érigé un mur de femmes pour s’opposer au développement de projets d’oléoducs transportant le pétrole des sables bitumineux. « Femmes autochtones au Québec (FAQ) est heureuse de cette alliance entre Québécoises et Autochtones pour la défense de notre Terre », de dire la porte-parole de la MMF, Viviane Michel, également présidente de la FAQ.

Les mobilisations entourant le lancement de la 4e action internationale de la MMF se sont poursuivies en début d’après-midi au centre-ville de Montréal. Alors que des centaines de femmes ont pris la rue, plusieurs militantes de la Coalition montréalaise de la MMF se sont donné rendez-vous à la Place Montréal Trust pour une deuxième action éclair dénonçant le rôle toujours plus grand que joue le Canada dans la militarisation des conflits et la culture de la peur. Les militantes se dissocient de l’implication du Canada dans les conflits armés qui dépossèdent les femmes en utilisant leurs corps comme champ de bataille ou butin de guerre.

La marche a, quant à elle, pris fin devant le bureau du premier ministre pour démontrer l’indignation des femmes devant les politiques d’austérité qui, en privatisation et en coupant les services publics et en concentrent la richesse aux mains de quelques-uns, contribuent au renforcement des inégalités entre femmes et hommes et entre femmes elles-mêmes.

Par ces actions, les féministes de la MMF souhaitent montrer la façon dont les enjeux ciblés au courant de la journée sont étroitement liés pour servir une même vision du développement économique. En augmentant les inégalités, cette dépossession économique et sociale s’accompagne de l’accaparement des territoires, ici comme ailleurs dans le monde. L’exploitation des ressources est bien souvent l’une des raisons principales au déclenchement de conflits armés et au développement de la militarisation. « Les actions, dans lesquelles les militantes de la MMF s’engagent, réaffirment que nos corps, notre Terre et nos territoires ne constituent pas seulement des lieux d’exploitation, mais des espaces de résistance et de transformation pour développer nos alternatives féministes pour une société basée sur l’égalité et la justice pour toutes », soutien Alexa Conradi porte-parole de la MMF.

C’est pour ces raisons que la MMF se mobilise aujourd’hui, en solidarité avec les luttes menées en ce moment au Québec contre les politiques d’austérité, la destruction environnementale, les politiques militaires et la répression des mouvements sociaux.

Des actions et événements se sont aussi déroulés dans différentes régions du Québec depuis le 4 mars. Des marches ont notamment eu lieu aujourd’hui à Québec, Trois-Rivières, Cap-aux-Meules, Toronto, Halifax et Vancouver tout comme en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud. Pour voir le calendrier des actions durant l’année, www.mmfqc.org/actions.