« Un budget qui manque de mesures économiques énergiques et ciblées, notamment pour le secteur manufacturier » - Henri Massé, président de la FTQ

Henri Massé, président de la FTQ

Henri Massé, président de la FTQ

Québec, jeudi 21 avril 2005 – « Si ce budget était un hôtel, on ne pourrait certainement pas en parler comme d’un quatre étoiles mais au moins on a encore un toit sur la tête et il ne coule pas. Le gouvernement a voulu montrer par ce budget qu’il avait écouté les représentations des différents groupes dans la société mais il manque encore d’efforts ciblés sur l’emploi, sur des politiques d’intervention énergiques dans les grands secteurs industriels, dans un secteur manufacturier mal en point », a réagi le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, M. Henri Massé.

« Les secteurs du vêtement et du textile sont littéralement en feu, à la merci du cheap labour chinois, nos industries de fabrication d’équipements sportifs sont délocalisées, l’industrie du meuble est sur le respirateur artificiel. Nos membres vivent ces tragédies humaines et sociales jour après jour et ça demande des interventions à la fois ponctuelles et structurantes.

« Un budget ce n’est pas seulement des chiffres, ça doit refléter les grandes orientations, notamment au niveau de mesures ciblées par rapport à la Chine et aux pressions économiques énormes exercées sur l’économie québécoise. On trouve que ça manque. On salue les préoccupations du gouvernement par rapport aux municipalités monoindustrielles, ou dépendant de l’exploitation de la forêt, mais ça ne va pas assez loin si on prend en compte la réalité vécue par les travailleurs sur le terrain », a ajouté le président de la FTQ.

La FTQ salue également l’effort consenti au chapitre des infrastructures mais encore là, le gouvernement devrait prendre en compte le fait que s’il déliait davantage les cordons de la bourse, la création d’emplois et donc les revenus fiscaux seraient au rendez-vous.

De façon générale, de nombreux groupes s’attendaient, avec le changement de ministre, à un budget nettement plus à droite et répondant aux commandes du Conseil du patronat. Ce n’est pas le cas et, plus encore, la décision de renoncer aux baisses d’impôt de un milliard de dollars dans une période où il manque de fonds à la santé et à l’éducation, notamment, est une bonne décision.

« Quant aux fonds pour un règlement de l’équité salariale et des négociations du secteur public et parapublic, je n’ai jamais vu une négociation se régler dans le cadre d’un exercice budgétaire », a conclu Henri Massé.