« Un budget habilement tricoté » - Henri Massé, président de la FTQ

Henri Massé, président de la FTQ

Henri Massé, président de la FTQ

Québec, mardi 30 mars 2004 – « Malgré le portrait sombre et les projections apocalyptiques suscités par les différentes interventions ministérielles depuis l’élection du 14 avril dernier, ce premier budget du gouvernement libéral apparaît équilibré bien qu’il ne soit aucunement garant de la poursuite d’un financement adéquat des mesures proposées pour les prochaines années », a déclaré le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, M. Henri Massé, en marge de la présentation du budget Séguin.

Des rentrées ponctuelles

« On ne bâtit pas une fiscalité conséquente sur le moyen et le long terme en bouclant un budget, équilibré aujourd’hui, par la vente de garage d’actifs des sociétés d’État et des rentrées ponctuelles qu’on ne reverra pas l’an prochain alors qu’on prévoit déjà une impasse budgétaire de 1,6 milliard de dollars en 2005-2006 », a ajouté le président de la FTQ.

Une amorce dans la bonne direction pour les familles

La FTQ salue les mesures d’aide aux familles présentées dans ce budget comme une amorce dans la bonne direction. Toutefois les sommes affectées à ces mesures proviennent en grande partie d’argent déjà existant mais qu’on rend visible par l’émission de chèques. Le président de la FTQ s’interroge par ailleurs sur la capacité future du gouvernement d’en assurer le financement adéquat.

Où sont les employés de l’État?

Une absence remarquée et inquiétante dans le présent budget, aucune provision n’apparaît pour la rémunération des employés de l’État alors que les conventions collectives sont échues au 30 juin dernier après une année de prolongation. Le même silence prévaut dans le budget Séguin au chapitre d’un éventuel règlement de l’équité salariale. Tout ce qu’on retrouve à ce sujet est un vague engagement dans le message de la présidente du Conseil du trésor.

Bouffée d’air pour les régions

Pour l’exercice budgétaire dans son ensemble, M. Massé estime qu’il faut saluer la prolongation ou la réintroduction de certaines mesures comme la prolongation des crédits applicables à la transformation dans les régions ressources, la majoration des crédits d’impôt pour la création d’emplois dans certaines régions, la réintroduction des activités d’équipements spécialisés dans l’aide fiscale destinée aux régions ressources ou les mesures de rétention des jeunes en région.

« Par contre, le gouvernement a beau vouloir limiter au minimum les mises de fond dans les sociétés d’État, il se tire dans le pied s’il persiste dans son désengagement par rapport au développement économique. Il ne faut pas confondre dépenses et investissements à long terme », a conclu M. Massé.