Un an après le Sommet des peuples: Les Amériques sont mal en point

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Discussion informelle lors de la rencontre de l’Alliance sociale continentale, le 19 avril dernier à Montréal, un an après le Sommet des peuples des Amériques de Québec.

Discussion informelle lors de la rencontre de l’Alliance sociale continentale, le 19 avril dernier à Montréal, un an après le Sommet des peuples des Amériques de Québec.

Un an après le Sommet des peuples des Amériques, l’Alliance sociale continentale tenait à Montréal une réunion de son comité de coordination, à la fin d’avril. C’était l’occasion de faire le point sur l’état de santé sociale du continent et de réfléchir aux actions à entreprendre.

Les délégations du Chili, du Brésil, d’Argentine, du Pérou, du Mexique, de l’Équateur, des États-Unis et du Canada anglais étaient les hôtes du Réseau québécois sur l’intégration continentale. On sait que cette coalition québécoise, dont la FTQ fait partie, est l’une des organisations fondatrices de l’Alliance.

Bilan inquiétant
C’est un bilan de santé inquiétant qu’ont dressé les délégués aux diverses réunions. Alors que les gouvernements continuent à négocier dans le secret un accord de libre-échange continental, l’Argentine vit une crise économique, politique et sociale dont on ne voit pas la fin. Les pays du sud connaissent des taux de chômage insupportables et une pauvreté grandissante. Plus que jamais depuis le 11 septembre, un vent de militarisation souffle dans plusieurs régions. Heureusement, au moment où se tenait la réunion, nous apprenions qu’un coup d’État avait avorté au Venezuela et que la démocratie y était rétablie.

Aux États-Unis, le resserrement des règles de sécurité et les pouvoirs accrus des forces policières depuis les attentats terroristes ne restreignent pas seulement les libertés individuelles. Par un discours répété sans relâche dans les medias, le gouvernement Bush a réussi à rendre suspecte toute critique des politiques officielles.

Les négociations progressent
Même s’il n’en n’est jamais question publiquement, les négociations de libre-échange progressent. Les membres de l’Alliance en sont d’autant plus inquiets que tout se passe dans le secret complet. Même le Sommet annoncé pour 2003 à Buenos Aires, en Argentine, semble contremandé.

Henri Massé, le président de la FTQ, a participé à une consultation de la société civile par les ministres Pierre Pettigrew et John Manley. Il a soulevé la question sans obtenir une réponse claire. Il a aussi questionné les représentants fédéraux sur leur position quant à l’introduction dans l’accord en négociation d’une clause protégeant les entreprises au détriment des gouvernements (chapitre 11 de l’ALÉNA). M. Pettigrew a parlé de réaménagements probables sans s’engager à rejeter une telle disposition.

Il est intéressant de constater que le gouvernement du Québec, traditionnellement partisan inconditionnel de libre-échange, vient d’adopter une position socialement plus acceptable. Il met sur pied un observatoire de la mondialisation et il s’oppose à la signature d’un accord qui reproduirait le chapitre 11 de l’ALÉNA.
Au Sommet de Québec, les pressions populaires, dont celle de l’Alliance, avaient réussi à arracher la promesse des chefs d’État de publier les textes des négociations. Le report du Sommet prévu pour l’an prochain favorisera davantage le secret. Dans ce sens, la FTQ accueille favorablement la mise sur pied par le gouvernement fédéral d’un comité consultatif permanent où le mouvement syndical serait représenté.

Un renforcement nécessaire
Les membres de l’Alliance sociale continentale ont réaffirmé la nécessité de doubler de vigilance face aux négociations, de renforcer leurs liens et d’entreprendre des actions communes. Il y aura des sommets des peuples même si les chefs d’État ne convoquent plus de Sommet des Amériques avant la signature de l’accord prévu pour 2005.