Travailler dans la pauvreté : inacceptable!

Serge Cadieux et Daniel Boyer

Photo: Isabelle Gareau

Éditorial du dernier numéro du Monde ouvrier.

Au Québec, le salaire minimum actuel de 10,55$ de l’heure ne permet pas aux familles d’avoir une qualité de vie décente. Preuve en est que de plus en plus de ménages ayant un emploi n’arrivent pas à se sortir du cercle vicieux de la pauvreté et de l’endettement. Le phénomène des travailleurs et travailleuses à temps plein qui ont recours aux banques alimentaires est en constante augmentation, ce qui en dit long sur cette inacceptable réalité.

Une note publiée l’année dernière par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) pour déterminer quel serait le salaire horaire viable pour que les travailleurs et travailleuses à faible revenu puissent élever adéquatement une famille, tout en se donnant la possibilité d’accéder éventuellement à un meilleur revenu, démontre clairement qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.

«Dans tous les cas de figure dépeints, le salaire minimum ne permet pas à un ménage, peu importe sa situation, de sortir de la pauvreté. […] Il est question de survie, rien de plus, ce qui force les familles qui travaillent au salaire minimum à couper sur l’essentiel en raison d’un manque de ressource.»1

Le mouvement syndical a toujours exercé un rôle de leadership dans la lutte pour une société plus juste et plus égalitaire. Dans un contexte économique où les emplois atypiques et la précarisation prennent une ampleur sans précédent, la FTQ est convaincue qu’il faut passer à l’action.

Lors de notre dernier Conseil général, en février dernier, l’ensemble de nos syndicats affiliés a entériné une résolution à l’effet de lancer une vaste campagne pour l’augmentation du salaire minimum du Québec à 15$ afin de lutter contre la précarité et les inégalités croissantes.

Cette lutte ne se mènera pas seule. À l’instar de ce qui est en train de se passer dans plusieurs États américains et certaines provinces canadiennes, des groupes de la société civile sont également engagés dans cette bataille.

Parce que nous refusons de vivre dans une société où le travail ne permet pas aux travailleurs et aux travailleuses de vivre une vie décente, nous vous invitons à joindre la lutte Minimum 15$.

Solidairement,

Daniel Boyer, président
Serge Cadieux, cscrétaire général

1. IRIS. Quel est le salaire viable? Calcul pour Montréal et Québec en 2015. Note socio-économique, avril 2015.