« Thomas Bélanger et François Thériault ont lutté pour la justice et l’équité. Ils sont morts parce qu’ils croyaient au dévouement et au partage. Nous avons le devoir d’honorer leur mémoire » – Henri Massé président de la FTQ

La FTQ rend hommage à deux travailleurs assassinés en 1906 pour leur lutte syndicale

Inauguration du monument Bélanger-Thériault, une création de l'artiste Pierrette Lambert (photos FTQ, Jean Laverdière)

Inauguration du monument Bélanger-Thériault, une création de l'artiste Pierrette Lambert (photos FTQ, Jean Laverdière)

Buckingham, le 7 septembre 2006 – Venus expressément à Buckingham pour inaugurer un monument dressé à la mémoire de deux travailleurs assassinés parce qu’ils réclamaient de meilleures conditions de vie pour leurs confrères, le président de la FTQ, M. Henri Massé, et le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy, ont tenu à souligner le courage des Thomas Bélanger et François Thériault.

« Imaginez toute la détermination et la bravoure de ces militants qui en 1906 ont regroupé les travailleurs au sein d’une organisation syndicale pour réclamer le respect et l’équité avec les autres travailleurs de la forêt en Outaouais, à une époque où le mouvement syndical était sévèrement réprimé par les industriels et les grands patrons », a mentionné le président de la FTQ.

Le 15 juillet 1906, un groupe de travailleurs de la compagnie MacLaren à Buckingham en Outaouais décident de former un syndicat. Dans la région, toute l’industrie forestière est contrôlée par la richissime famille MacLaren.

En août 1906, Thomas Bélanger et François Thériault déposent leurs demandes qui se résument à obtenir la reconnaissance du syndicat, la réduction des heures de travail de 11 à 10 heures par jour et à une hausse salariale de 2,5 cents l’heure (le salaire horaire étant de 12,5 cents l’heure).

« Malheureusement, la compagnie refuse de négocier. En 1906, un ouvrier de la MacLaren gagne 1,25 $ par jour pour 11 heures de travail. La MacLaren ne veut pas de syndicat, fait appel à des briseurs de grève, à des détectives, à la milice pour briser la volonté des travailleurs. Les plus militants sont congédiés, inscrits sur une liste noire ainsi que leurs descendants, enfants et petits-enfants et condamnés à l’exil pour gagner leur vie, c’est une honte », d’ajouter le président de la FTQ.

Mais les travailleurs ne veulent pas abandonner. L’entreprise décrète un lock-out mettant au chômage plus de 400 travailleurs. Alors que le conflit s’étire dans le temps, on demande à des briseurs de grève de descendre les billots sur la rivière du Lièvre. Les travailleurs en lock-out se rendent à la rivière pour réclamer la fin des manœuvres. Soudain des coups de feu éclatent. Thomas Bélanger et François Thériault qui dirigent la marche sont la cible des tireurs. Touchés ils s’affaissent, leurs confrères ne peuvent que constater leur mort.

« Par ce monument érigé à la mémoire des nos confrères Bélanger et Thériault, la FTQ veut dire merci. Merci aux travailleurs qui ont cru à leur combat, merci aux familles qui ont soutenu les pères et les fils et merci aux épouses, aux proches et descendants des Thomas Bélanger et François Thériault dont le sacrifice a pavé la voix à de meilleures conditions de travail dans la région », de déclarer le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy.

Les enquêtes pour tenter de connaître la vérité sur la mort des deux syndicalistes ont été étouffées. Jusqu’en 1944, la compagnie MacLaren refusa de donner du travail aux fils et petits-fils des 262 travailleurs qui ont défendu leurs droits en 1906. « On vous laisse bien plus qu’un monument on vous laisse l’esprit de dévouement, de partage, d’entraide et de solidarité qui anime encore les militants et militantes de la FTQ dans l’Outaouais toujours vivant et luttant pour le plus grand bien de leur communauté », de conclure le président de la FTQ.

La compagnie James MacLaren fut finalement syndiquée en 1943.

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