Témoignage d’un membre du Comité GLBT de la FTQ : «Qu’est-ce que les personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles et transidentitaires veulent de plus?»

Témoignage de Benoit Lapointe

À droite, Benoit Lapointe, membre du comité sur les droits GLBT de la FTQ, avec son conjoint. Photo: Sophie Lapointe

Afin de souligner la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, la FTQ publie ce témoignage paru dans le dernier numéro du Monde ouvrier.


Voici la question qu’un participant m’a posée lors d’une récente formation syndicale sur les droits de la personne au travail : « Je ne comprends pas ce que les personnes LGBT peuvent vouloir de plus. Les lois les ont reconnues, elles peuvent se marier, adopter des enfants et on les voit partout ! Pourquoi en faire tout un plat ? »

Une perception de plus en plus répandue

Il est vrai que nous sommes à des années-lumière, du moins dans ce coin du monde, de l’époque des arrestations policières et des dénonciations publiques qui pouvaient en un instant détruire des vies. J’ai cinquante ans et lorsque je me rappelle ma vie de jeune homme fraîchement arrivé à Montréal, alors qu’enfin je réalisais mon rêve de pouvoir vivre dans un environnement plus anonyme et m’épanouir sans subir les conséquences d’un scandale, je n’aurais jamais pu espérer connaître la liberté dont nous bénéficions aujourd’hui.

Cela dit, en prenant tout bonnement  un café en compagnie de mon conjoint dans un quartier de l’ouest de la ville dernièrement, je me suis soudainement surpris à me sentir embarrassé lorsque j’ai réalisé qu’une dame assise derrière nous avec ses jeunes enfants s’est brusquement levée et a quitté le café après m’avoir vu mettre ma main sur celle de mon conjoint.

Je me suis tout à coup rappelé toutes les fois où j’ai embrassé mon conjoint à l’aéroport alors qu’il revenait d’un voyage, où je célébrais son anniversaire dans un restaurant ou lorsque nous marchions main dans la main sur la plage.

Toutes ces situations me rendent encore inconfortable, même après vingt et un ans de vie commune! Les choses changent, c’est vrai.

L’attitude des nouvelles générations me remplit d’espoir. Mais y a-t-il encore du chemin à faire ? Absolument ! Et si on regarde ce qui se passe ailleurs dans le monde, on comprend qu’il ne nous
reste qu’à nous relever les manches et à travailler ensemble. Les droits des personnes LGBT reculent dans plusieurs endroits sur la planète. On a plus que jamais besoin d’alliés pour poursuivre la bataille et nous assurer un milieu de travail et de vie équitable, sans discrimination, mais aussi agréable, favorisant l’épanouissement de tous les travailleurs et travailleuses.

C’est pourquoi le comité sur les droits GLBT de la FTQ vous invite à souligner la Journée internationale de la lutte contre l’homophobie aujourd’hui, le 17 mai, afin de sensibiliser vos membres à l’importance de se joindre à cette lutte.

Pour en savoir plus : www.facebook.com/GLBTFTQ.

Solidairement, Benoit Lapointe