Suivi du colloque sur les jeunes et le syndicalisme : QUATRE JEUNES MILITANTES FTQ EN FRANCE

Julie Ferland, Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP).

Julie Ferland, Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP).

En décembre dernier, 15 jeunes syndicalistes québécois, cinq provenant de la FTQ, on effectué un stage en France. En fait, il s’agissait plus d’une formation puisque l’objectif était d’apprendre et de tirer des leçons des fonctionnements et des pratiques des organisation syndicales françaises, des organisations québécoises, pour les 15 syndicalistes français qui les recevaient.

Le Monde ouvrier a rencontré les quatre militantes et le responsable du dossier des jeunes à la FTQ, Jacques Théoret, lors d’une réunion visant à faire le bilan et à préparer la venue des syndicalistes français au Québec.

«Formidable» et «enrichisssant» sont les deux mots qui décrivent le mieux leur appréciation de ce stage d’une semaine au cours duquel elles ont rencontré des militants et des militantes des centrales CGT, CFDT et FO. «Jamais, diront- elles, on ne se serait imaginé qu’il puisse y avoir tellement de différences entre nos structures et nos fonctionnements et aussi entre chaque centrale. Il y avait presque toujours trois réponses et des nuances à chaque question qu’on posait!» Les quatre membres de la délégation se complétaient admirablement, chacune ayant une expertise particulière: Gina Boudreault en équité salariale, Julie Lauzon en recrutement syndical, Annabelle Chouinard en santé-sécurité, et Julie Ferland en négociation. Elles ont bien hâte de recevoir la délégation française en mai prochain. «Maintenant que nous comprenons mieux nos fonctionnements de base et nos structures respectives, concluent-elles, nous allons pouvoir creuser le dossier des jeunes et réfléchir sur les nouveaux défis du syndicalisme dans un contexte de mondialisation.»

«Le dossier de l’équité salariale est moins avancé là-bas et ils le définissent encore avec les notions de travail égal/salaire égal alors qu’au Québec nous parlons de travail équivalent/salaire égal. J’ai aussi trouvé que les femmes occupent moins de place que nous dans les structures syndicales.» Gina Boudreault, Syndicat canadien de la fonction publique

«J’ai été frappée par la solidarité qui s’exprime chez eux même si le taux de syndicalisation n’est que de 10 %. Les non- syndiqués participent à des mouvements de grève qui peuvent être déclenchés en tout temps. Les relations de travail sont moins encadrées qu’ici.» Julie Lauzon Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce «J’ai bien apprécié d’avoir l’occasion de compren- dre le fonction- nement des centrales qui est tellement différent du nôtre, mais j’ai surtout aimé les rencontres plus informelles lors des visites des lieux de travail. Ça m’a aussi fait réaliser que nous sommes assez bien organisés ici.» Annabelle Chouinard, Syndicat des Métallos

«J’ai été frappée de constater à quel point les jeunes qui arrivent sur le marché du travail ont de bonnes connaissances du syndicalisme et de son histoire. C’est loin d’être le cas ici. Peu de mes amis savent comment fonctionnent les syndicats. Notre système scolaire est vraiment déficient à ce niveau.» Julie Ferland, Syndicat des communications, de l’énergie et du papier

«Même si les quatre déléguées FTQ ne se connaissaient pas, il y a eu une très belle cohésion dans notre groupe. Chacune avait une expertise spécifique et surtout de l’expérience syndicale concrète sur le terrain. Notre délégation était très représentative de la FTQ.» Jacques Théoret, Responsable du dossier jeunes à la FTQ