Sommet des peuples des Amériques : DES SOLIDARITÉS MULTIPLES PORTEUSES D'ESPOIR

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Le Sommet des peuples des Amériques a été un succès et a permis d’atteindre les objectifs que s’étaient fixés l’Alliance sociale continentale, regroupement des forces syndicales et sociales des trois Amériques. Le message du Sommet a été clair, largement diffusé et partagé dans la population: l’intégration continentale doit se faire dans la démocratie, la transparence, le respect des droits fondamentaux et de l’environnement.

Même si certaines règles protocolaires sont inévitables dans ce genre de rencontre internationale, les organisateurs avaient fait des efforts pour réserver des moments d’intervention pour les participants, ce qui a été grande-ment apprécié. Les nombreuses interventions de nos confrères et consoeurs des pays du Sud ont été fort touchantes et instructives. Elles témoignaient de réalités de vie et de travail difficiles et précaires. Elles indiquaient également à quel point les dangers de nivellement par le bas des conditions de travail, des normes environnementales, des droits démocratiques sont bien réels. Les débats ont confirmé que les orientations des négociations en cours pour l’établissement de la Zone de libre-échange des Amériques, la ZLÉA, constituent une menace tangible pour la démocratie et l’autonomie politique des pays membres. Il n’est pas du tout exagéré d’affirmer qu’il s’agirait d’une charte de l’entreprise privée dont les droits auraient préséance sur la capacité des pays de se do-ter de politiques et de réglementations qui leur sont propres.

Une déclaration finale à peaufiner
Certains analystes ont attaqué la déclaration finale du Sommet des peuples. La FTQ considère que cette déclaration ne rendait pas justice aux formidables convergences de vue et à la vaste représentativité sociale que constituait le Sommet. Mais ce sont des choses qui peuvent se produire lors-qu’on est en présence d‘organisations aux origines et aux réalités disparates. Il ne faut pas s’en inquiéter outre mes-ure parce que le partage, les échanges, les rencontres parallèles de toutes sortes ont créé et tissé des liens de solidarité qui ne feront que grandir et se raffermir au cours des prochaines années. C’est dans le cadre de ce courant que la FTQ entend développer une action spécifique-ment syndicale face à l’intégration des Amériques et face à la mondialisation. Elle veut le faire en accentuant sa participation à l’Organisation régionale interaméricaine du travail (ORIT), en développant des liens permanents avec les différentes centrales syndicales des Amériques et en encourageant les syndicats affiliés à intensifier leurs relations avec leurs vis-à-vis syndicaux partout sur le continent.

Rôle crucial de la FTQ
La FTQ a joué un rôle majeur dans la préparation et la réalisation de ce deuxième Sommet des peuples. Elle l’a fait au sein du Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC). Parallèlement au Sommet des peuples, étaient aussi organisées diverses rencontres et activités thématiques, comme le sommet syndical qui a réuni 1200 personnes, le tiers d’entre elles provenant de la FTQ. Ici aussi, on a assisté à des échanges et à des rencontres qui contribueront au renforcement des solidarités syndicales.

Une histoire à suivre
À Miami en 1994, les 34 chefs d’État avaient convenu d’entreprendre un vaste projet d’intégration économique des Amériques. Cette rencontre était suivie d‘une deuxième à Santiago, au Chili, en 1998. À l’instigation de l’ORIT, était créée, la même année au Chili, l’Alliance sociale continentale qui y tenait le premier Sommet des peuples. La prochaine rencontre des chefs d’État se tiendra en Argentine en 2003. Avec l’Alliance sociale continentale, la FTQ y sera. À des tables officielles, ou en parallèle si on décidait de nous exclure une nouvelle fois…