« Seule la poursuite du débat public pourra dégager un consensus afin de permettre au Québec d’avancer sur le chemin de sa laïcisation. » — Daniel Boyer, président de la FTQ

Charte des valeurs de laïcité

Montréal, le 12 février 2014. – À la suite des débats qui ont eu lieu lors de son congrès, en novembre dernier, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) demande le retrait de l’article 5 sur le port des signes religieux du projet de loi 60 et refuse, par conséquent, le régime d’exception proposé par le chapitre XII. C’est ce que la centrale syndicale a fait valoir aujourd’hui en commission parlementaire.

« Ne nous y méprenons pas, nous ne balayons pas le projet de loi 60 du revers de la main. Nous partageons beaucoup de ses éléments et nous saluons la volonté explicite d’inscrire le principe de laïcité dans les grands textes législatifs qui nous gouvernent, c’est le propre de la démocratie. Mais force est de constater que si nos membres font l’unanimité sur la nécessaire laïcisation de l’État et des institutions publiques québécoises, ils sont partagés sur la question du port des signes religieux », explique le président de la centrale, Daniel Boyer.

La FTQ à l’image de la société québécoise

À l’image de la société québécoise, trois courants sont ressortis de la discussion lors du dernier congrès de la FTQ : le premier défendant le port de signes religieux, le deuxième, plus modéré, voulant restreindre le périmètre d’application du port des signes et le troisième entérinant pleinement la proposition gouvernementale.

« Plusieurs membres de nos syndicats sont aussi inquiets des effets du projet de loi sur les relations de travail et sur les mécanismes de règlements de litiges éventuels, ainsi que de la confusion laissée par la jurisprudence sur les accommodements religieux, explique Daniel Boyer. Or, l’éventualité de l’existence de plusieurs régimes d’exception ajoute à ces craintes. Pour nous, la démarche proposée devrait prendre tout son sens dans la mesure où des règles d’application universelle sont définies, c’est-à-dire des normes qui s’imposeraient à tous et à toutes sans exception, dans le respect de l’égalité des femmes et des hommes. »

La FTQ est d’accord avec les articles 3 et 4 du projet qui énoncent le principe général voulant qu’un membre du personnel d’un organisme public doive faire preuve de neutralité religieuse dans l’exercice de leurs fonctions. Cette neutralité passe-t-elle par l’interdiction mur à mur du port de signes religieux ?

« Là est toute la question, conclut le dirigeant syndical. Cela, par contre, ne devrait pas dénaturer l’objectif premier du projet de loi, qui consiste à faire avancer le Québec dans la voie historique de sa laïcisation. À ce sujet, nous en appelons au pragmatisme de l’ensemble des partis présent à l’Assemblée nationale. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.