Services Matrec : des jeunes se syndiquent!

Moitié gars, moitié filles, ils sont une quarantaine, plus des deux tiers ayant moins de 30 ans. Ces jeunes ont décidé de se donner un outil collectif pour défendre leurs droits, mettre fin aux abus patronaux et obtenir des salaires décents. Ils travaillent au Centre de tri (produits de recyclage) de Services Matrec, à Saint- Hubert, sur la rive sud de Montréal.

L’entrée du syndicat est toute récente, les négociations n’étant pas encore commencées. Maintenant délégué général et membre du comité de négociations, Hugo Genesse a été l’initiateur de la syndicalisation. «Avec trois autres personnes que je connaissais bien, nous avons dressé une liste de personnes que nous pensions favorables. Puis après leur avoir parlé, nous avons fait une réunion un samedi matin. Tout le monde a signé sa carte!» Christian Campbell, conseiller syndical au Syndicat inter-national des peintres et métiers connexes, connaît cet employeur puisque deux autres groupes de Services Matrec sont déjà syndiqués. Ceux du garage et de la mécanique depuis quelque temps de même que ceux du centre de transbordement et de la balance (déchets domestiques) depuis peu. Ce dernier groupe de 12 personnes est actuellement en négociation.

Tout justifiait la venue d’un syndicat
Quand on demande à Hugo ce qui a amené les gens à adhérer au syndicat, c’est sans hésitation qu’il répond. «Il y avait les salaires qui variaient sans logique, les conditions de travail difficiles et l’obligation de travailler le samedi. Quand un employé ne rentrait pas le samedi sans raison valable, l’employeur lui faisait signer une déclaration qui disait que son absence n’était pas justifiée.» Christian ajoute que les dis-parités dans les salaires sont incroyables. «Il peut y avoir des différences de un ou deux dollars pour des gens qui font le même travail et ont à peu près la même expérience, sans compter les différences entre les hommes et les femmes.»

Donner d’une main et…
Chez Services Matrec, c’était le salaire minimum à l’entrée, avec une augmentation de 25¢ après trois mois et 50¢ au bout d’un an. «Les gens ne restaient pas longtemps, d’expliquer Hugo. Alors l’employeur a augmenté le salaire d’entrée de 50¢… Mais, il a enlevé le 25 ¢ après trois mois et réduit de 25¢ l’augmentation au bout d’une année!» Le climat s’est beaucoup amélioré, même si la négociation de la convention collective n’est pas encore commencée. «Il n’y a plus de menace et l’employeur nous parle. Les gens n’ont plus peur de s’ex-primer, précise Hugo. Nous nous sentons respectés. C’est tout un changement!» «Je pense que nous allons réussir à changer bien des choses, de conclure Christian, à commencer par la structure salariale. Le seul fait que l’employeur accepte déjà que, lorsqu’il veut discuter une question avec un employé, il soit accompagné d’un délégué du syndicat, c’est un pas dans la bonne direction.»

Un travail difficile
Le travail sur les lignes de tri est très exigeant. Les gens sont debout toute la journée, les convoyeurs roulent à une bonne vitesse et les gestes sont nombreux et répétitifs. Il y a deux types de tri : un pour le PVM (plastique, verre et métal), et un pour les fibres (journal et carton). Ce dernier est le plus important puisqu’il y a trois lignes. Le conseiller syndical, Christian Campbell, et le délégué, Hugo Genesse, soulignent tous deux que les choses ont déjà changé dans l’usine. En santé- sécurité par exemple, même s’il y avait un comité auparavant, les membres ne connaissaient pas leurs droits. Maintenant, ils sont renseignés.