Service de la sécurité du revenu de la Ville de Montréal - LES FONCTIONNAIRES MUNICIPAUX EN FURIE!

Montréal, le jeudi 24 janvier 2002 – C’est par les médias que le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal (SFMM, SCFP-FTQ) a appris les velléités du gouvernement du Québec d’enlever à la Ville de Montréal la gestion du Service de la sécurité du revenu. Cette hypothèse, avancée dans les médias mardi, est d’autant plus choquante que le ministre de la Solidarité sociale s’était engagé à former un comité tripartite (Québec, Montréal, Syndicat) sur les modalités du contrat de service avec la Ville de Montréal. Cet engagement avait été pris lors d’une rencontre entre le SFMM, le SCFP et la FTQ le printemps dernier. Le rapatriement de l’aide sociale au sein de l’appareil gouvernemental québécois signifierait la fin d’une entente vieille de trente ans et pourrait affecter jusqu’à 1 000 employés municipaux. Depuis 1972, cette entente était renouvelée sous forme de contrat à longue durée. La dernière entente date de 1998 et vient à échéance le 31 mars prochain.

« La meilleure façon de lutter contre la pauvreté à Montréal, c’est de garder le service près des gens et de faire en sorte que tous les autres services de la Ville travaillent à l’objectif commun », a commenté Daniel Papillon Demers, président du SFMM, qui précise qu’à cet égard « le Syndicat des fonctionnaires et la Ville de Montréal poursuivent les mêmes objectifs ». Le président du SFMM trouve pour le moins étonnante la position centralisatrice de certains hauts fonctionnaires du gouvernement du Québec dans ce dossier alors que le ministre Rochon lui-même a toujours été un partisan de la décentralisation. Il rappelle que, non seulement le ministre s’était engagé à former un comité tripartite, mais que le ministère était bien au courant des discussions qui ont eu lieu entre la Ville de Montréal et le Syndicat des fonctionnaires.

Les fonctionnaires municipaux directement affectés à l’aide sociale à la Ville de Montréal n’apprécient pas non plus l’hypothèse d’un transfert du Service de la sécurité du revenu au gouvernement du Québec. Dans une consultation menée l’an dernier, 85 % d’entre eux ont indiqué vouloir maintenir leur lien d’emploi avec la Ville de Montréal.

Le SFMM tiendra une assemblée de secteur d’ici peu pour prendre position officiellement dans ce dossier. Pour Daniel Papillon Demers, le choix est clair, « il n‘est pas question de laisser détruire des années de travail, ce sont nos membres qui ont œuvré auprès des bénéficiaires depuis la création de l’aide sociale et nous n’avons pas l’intention de céder notre place et notre connaissance du dossier », a-t-il ajouté.

Le SFFM (SCFP-FTQ) regroupe les quelque 8 000 fonctionnaires municipaux de la nouvelle Ville de Montréal.

SOURCE : SCFP