Séminaire annuel de la FTQ sur la retraite

La sécurité financière à la retraite : l’affaire de tous et toutes!

Montréal, le 10 avril 2012 – Le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Michel Arsenault, et le directeur québécois du Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB-Québec), vice-président de la FTQ et responsable politique du dossier retraite, Serge Cadieux, ont pourfendu ce matin, en conférence de presse, le changement de programme de la Sécurité de la vieillesse annoncé par le gouvernement Harper. La conférence de presse se tenait en marge du séminaire annuel de la FTQ sur la retraite, auquel participent quelque 400 personnes.

Le gouvernement fédéral s’attaque aux plus démunis

« On a des gouvernements qui se désengagent de plus en plus de l’intervention économique, a dit Michel Arsenault, mais aussi de leur rôle de défenseur des biens publics et du bien-être des citoyens et des citoyennes. La responsabilité sociale qui incombe aux autorités publiques est de plus en plus délaissée et confiée aux seules épaules des individus. Le passage de l’âge de la retraite de 65 à 67 ans privera une grande partie de la population du droit à la sécurité de vieillesse ainsi que du supplément de revenu garanti pendant deux ans. »

« On peut s’attendre forcément à un accroissement de la pauvreté. Aucune compensation n’a été prévue pour les travailleurs âgés qui touchaient de l’aide sociale des provinces. On n’a pas tenu compte, non plus, des personnes que le travail rend de plus en plus vulnérables et qui devraient avoir droit à une retraite anticipée », a ajouté Serge Cadieux.

Le thème du séminaire touche la période de turbulence qui secoue actuellement les régimes de retraite, en raison de problèmes conjoncturels et structurels, ainsi que les réponses proposées à différents niveaux : régime volontaire d’épargne-retraite, régime à prestation cible, bonification du Régime de rentes du Québec (RRQ), etc.

Le gouvernement du Québec fait fausse route

Le président de la FTQ, dans son discours d’ouverture, s’en est particulièrement pris au régime volontaire d’épargne-retraite (RVER) mis de l’avant par le ministre québécois des Finances, Raymond Bachand : « C’est une patente qui n’a rien à voir avec la retraite. Il s’agit d’un REER que les employeurs ont l’obligation de mettre sur pied, sans payer aucune cotisation, alors que les travailleurs et les travailleuses en auront l’entière responsabilité, avec des risques financiers et des frais de gestion exorbitants et ce type de régime ne tient pas compte du principe de la solidarité sociale, comme le fait le RRQ.

« Le RVER, en plus, incitera non seulement les employeurs à mettre fin aux régimes complémentaires de retraite lorsqu’ils existent, mais en plus, il les encouragera à se désengager complètement et à renoncer à la mise sur pied éventuelle de véritables régimes de retraite », a déclaré le directeur québécois du SEPB-Québec, Serge Cadieux.

Pour les dirigeants syndicaux, la seule solution, « équitable pour tous, c’est de bonifier le RRQ, parce que c’est un régime où tous participent également à peu de frais (0,6 %), parce que cela soulagerait la pression sur les employeurs et parce que cela allégerait le fardeau fiscal du gouvernement qui vient an aide aux retraités en situation de pauvreté. »

En conclusion, Michel Arsenault a insisté sur le fait que « rien ne peut enlever l’obligation, pour une société, de s’occuper et d’offrir une vie décente, à l’abri des soucis, à ceux et celles qui ont travaillé toute une vie pour façonner cette société. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de 600 000 membres.