Secteur public - Le décret gouvernemental ne restera pas lettre morte

La loi spéciale votée par le gouvernement Charest le 15 décembre 2005 pour mettre fin aux négociations, et ce au mépris des efforts de dernière minute des représentants des 400 000 salariés du secteur public pour dénouer l’impasse, ne restera pas lettre morte.

La FTQ peaufine un plan d’action qui mettra à contribution tant les membres du secteur privé que ceux du secteur public. Il prévoit la contestation juridique de la loi 142 et le dépôt d’une plainte au Bureau international du travail.

De plus, une série d’activités seront mises en place pour être présents sur la place publique et rappeler au gouvernement que le dossier des conditions de salaire et de travail dans le secteur public n’est pas réglé.

«Par son coup de force, ce gouvernement a trompé non seulement ses propres employés mais également toute la population, bafouant au passage ce haut lieu de la démocratie que devrait être l’Assemblée nationale, selon le président de la FTQ, Henri Massé. Un projet de loi spéciale, ça ne se prépare pas en une nuit. C’est donc dire que ce gouvernement l’avait dans ses cartons depuis quelques semaines. En même temps, il faisait semblant de négocier pour se montrer conciliant. C’est une véritable arnaque et nous avons la mémoire longue.»

Demande de rattrapage justifiée
Henri Massé rappelle que les salariés du secteur public auraient été en droit de réclamer un rattrapage de 15 % à 20 %. «Avec son offre de 8 %, le gouvernement a maintenu un recul minimum de 6,8 % du pouvoir d’achat de ses employés, ce qui est plus important que la totalité des remboursements au chapitre de l’équité salariale.»

Pour une employée au salaire moyen de 30 000 $, l’offre sur 6 ans et 9 mois lui laisse 67 sous de plus dans ses poches par jour, même pas le prix d’un café ou d’un billet d’autobus. Les salaires sont gelés pour les deux premières années de la convention collective, c’est-à-dire 2004 et 2005.

Pendant ce temps, le rapport publié le 30 novembre 2005 par l’Institut de la statistique du Québec indique que l’écart entre les salaires du secteur privé et ceux du secteur public est passé de 12,3 % à 15,5 % en faveur du privé durant la dernière année.

«Ce mépris et cette mauvaise foi vont teinter pour longtemps nos relations avec ce gouvernement qui vient de perdre de larges pans de ce qui pouvait lui rester de crédibilité. Il devra en mesurer et en supporter toutes les conséquences», conclut Henri Massé.