Secteur Public - Coup de force des libéraux

Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du Trésor

Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du Trésor

Jusqu’à la dernière minute, tout le monde a espéré que le gouvernement Charest entendrait raison, que Monique Jérôme-Forget comprendrait qu’on ne peut offrir deux années de gel salarial à des gens qui gagnent, en moyenne, 31 000$ par année. Malheureusement, c’était sans compter le dogmatisme de ce gouvernement qui a toujours refusé de sortir de son cadre financier et de négocier sérieusement avec ses employés.

Hier après-midi, il était devenu clair que Charest et compagnie préféraient convoquer l’Assemblée nationale de façon extraordinaire et imposer une loi spéciale décrétant les conditions de travail des employés du secteur public, plutôt que faire preuve de bon sens et de respect. Le gouvernement utilise donc son rôle de législateur pour atteindre ses objectifs d’employeur et faire entrer dans la gorge des employés du secteur public un règlement carrément innaceptable pour eux.

Il est déjà certain que ce coup de force ne restera pas sans lendemain. Hier soir, Henri Massé, président de la FTQ, déclarait déjà, « Le gouvernement est viré sur le top et a décidé de partir un psychodrame. À la FTQ, personne ne va oublier ça et on va s’organiser pour que le gouvernement s’en souvienne longtemps. Le gouvernement vient de faire un accroc monumental à la libre négociation. Il n’y a pas péril en la demeure. On a eu des moyens de pression exemplaires en santé et en éducation. Aucun gouvernement ne peut invoquer l’urgence et l’ordre public. Avec le cadre financier, nos membres perdent 4% sur un salaire moyen de 300$ nets par semaine. À la FTQ on ne pète pas des fuses, on en fait pas de menaces, on fait des promesses, et on va remplir nos promesses. »