Seagram à LaSalle - Les TCA ont négocié des conditions décentes de fermeture

Richard Vaillant, président du syndicat local (TCA-FTQ) à la distillerie Seagram-Guinness, en compagnie de confrères de travail devant l’usine de LaSalle. Au centre, Francine Burnonville du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain.

Richard Vaillant, président du syndicat local (TCA-FTQ) à la distillerie Seagram-Guinness, en compagnie de confrères de travail devant l’usine de LaSalle. Au centre, Francine Burnonville du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain.

Le Québec perdra très bientôt une de ses entreprises les plus connues, la distillerie Seagram (aujourd’hui Guinness) à LaSalle, ainsi que des emplois de qualité et syndiqués FTQ. En activité depuis 70 ans, cette usine fermera ses portes le 28 novembre prochain. Depuis plusieurs années, l’usine était spécialisée dans l’embouteillage du whisky canadien Crown Royal, du rhum Captain Morgan et d’autres produits.

Malgré tout, « le syndicat a réussi à négocier des conditions de fermeture décentes pour ses 200 membres », a déclaré au Monde ouvrier Richard Vaillant, le président de la section locale des Travailleurs canadiens de l’auto (TCA-FTQ). « L’âge moyen de nos membres est de 46 ans. Il fallait donc les aider au maximum à se sortir de cette passe difficile. »

Une cinquantaine de salariés ont déjà été transférés dans deux autres établissements appartenant, comme Seagram, à la multinationale britannique Diageo : les distilleries Schenley à Salaberry-de-Valleyfield et Diageo à Dorval. Le personnel des deux usines est membre d’un autre syndicat de la FTQ, les TUAC. Par ailleurs, une cinquantaine de salariés pourront partir à la retraite. Les autres toucheront de bonnes indemnités de départ et un comité de reclassement a été mis sur pied pour les aider à trouver un nouvel emploi.

« Nous avons vécu de durs moments depuis l’annonce de la fermeture en juin 2002, raconte Richard Vaillant. Les délégués sociaux ont travaillé très fort pour soutenir nos membres, avec l’aide constante du Conseil régional de la FTQ. Malgré tout, il y a eu un mort : un confrère de travail, désespéré, s’est suicidé. Mais grâce à l’entraide et à la solidarité, nous avons pu passer à travers. »