Renforcement de la réglementation : De l'eau d'appellation contrôlée?

Claude Therrien, membre du SCFP, secteur municipal, siège au nom de la FTQ à un sous-comité technique sur la formation d’Emploi-Québec.

Claude Therrien, membre du SCFP, secteur municipal, siège au nom de la FTQ à un sous-comité technique sur la formation d’Emploi-Québec.

Une appellation contrôlée pour l’eau? Peut-être pas… mais les opérateurs d’une installation de captage ou de traitement d’eau, ou encore d’un système de distribution de l’eau devront dorénavant détenir une certification pour opérer ces équipements.

Devant la piètre qualité de l’eau potable dans plusieurs municipalités du Québec, et pour contrer les risques pour la santé publique qui en découlent, le gouvernement du Québec a adopté le Règlement sur la qualité de l’eau potable qui entre en vigueur dès juin 2002.

L’article 44 du règlement établit de nouvelles exigences pour les personnes qui travaillent au contrôle de l’eau dans les municipalités et régies intermunicipales. Il leur faudra bientôt détenir soit un diplôme d’études collégiales ou professionnelles en assainissement ou traitement des eaux de consommation, soit un certificat ou une attestation délivrée par le ministère de l’Éducation ou par Emploi-Québec.
Ainsi donc, tous les travailleurs municipaux oeuvrant sur de tels équipements devront détenir une certification attestant des compétences requises pour opérer ces systèmes. Avait-on pensé à eux?

Le confrère René Fréchette, coordonnateur du secteur municipal au SCFP, a fait part de ses inquiétudes du début. «Il fallait s’assurer que tous les travailleurs municipaux déjà en place puissent le demeurer, et que l’entreprise privée ne nous prenne pas nos jobs!»

Une politique de présence qui porte fruit

La FTQ est heureusement présente au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’environnement (CSMOE) et à Emploi-Québec. Les confrères Patrice Sallam (SCEP) et Claude Therrien (SCFP-4361) ont convaincu leurs partenaires qu’il fallait d’abord compléter l’inventaire des installations de traitement, de taille et d’importance fort inégales, afin de mieux cibler la formation. En effet, les compétences requises sont susceptibles de varier selon la complexité des ouvrages et elles doivent être déterminées avant toute action de formation. Dans les petites municipalités, par exemple, il n’est pas rare que la même personne ait à intervenir à trois niveaux : captage, traitement et distribution.

C’est ainsi que le ministère de l’Environnement a accepté de repousser l’échéance de juin 2002 à juin 2004 pour l’entrée en vigueur de l’article 44, le temps de permettre au Comité d’orientation et d’apprentissage formé par Emploi-Québec et au CSMOE de mettre en opération le processus de développement et de reconnaissance des compétences (acquises en milieu de travail ou ailleurs) des opérateurs d’eau du Québec.

Comme le souligne le confrère Claude Therrien : « Nous avons amorcé l’élaboration des profils de compétences nécessaires à la pleine maîtrise des tâches que les travailleurs et travailleuses doivent exécuter. Les outils de formation et de certification sont actuellement en préparation. Les compétences déjà acquises seront certifiées et les compétences manquantes feront l’objet d’un plan de formation personnalisé. L’apprentissage se fera principalement en milieu de travail, par compagnonnage, c’est-à-dire avec des experts du métier.»

La politique de présence de la FTQ donne des résultats concrets. Cet exemple démontre qu’il est possible de conjuguer harmonieusement des enjeux comme la protection et la valorisation de nos emplois avec ceux de la protection de la santé publique. Alors, levons nos verres… d’eau!