Rencontre Maltais−Finley sur l’assurance-emploi

« La ministre conservatrice demeure têtue comme une mule »
— Daniel Boyer, secrétaire général de la FTQ

Montréal, le 27 février 2013. − Pour la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), l’expression têtue comme une mule n’a jamais autant trouvé chaussure à son pied que cet après-midi, lors de la rencontre de la ministre québécoise du Travail, Agnès Maltais, avec sa vis-à-vis fédérale, Diane Finley.

« On a rarement vu ça, a dit le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer. C’est comme si la ministre Finley se bouchait complètement les yeux et les oreilles afin de passer outre aux conséquences terribles de la réforme de l’assurance-emploi sur les travailleurs et travailleuses du Québec, occupant des emplois surtout saisonniers et temporaires. Pourtant, ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre les ravages de cette réforme. Franchement, on nous dirait que les conservateurs prennent leur revanche contre les populations qui ont le moins voté pour eux qu’on ne serait pas étonné… La ministre Finley a écouté, mais visiblement elle n’a rien compris. »

On sait, en effet, que ce sont les secteurs d’activités saisonniers qui sont les plus touchés, comme ceux de la pêche, de la forêt et du tourisme, et comme certains secteurs de la construction, où foisonnent les chômeurs dits fréquents et occasionnels. Selon les données du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC), ils représentent 34 % des prestataires au Québec, 46 % au Nouveau-Brunswick, 51 % à Terre-Neuve, alors qu’ils ne sont que 19 % en Ontario, 14 % en Colombie-Britannique et 9 % en Alberta.

Après avoir fait main basse sur la caisse d’assurance-emploi, le gouvernement Harper s’en prend maintenant aux droits des cotisants et à ceux et celles qui perdent leur emploi, en plus d’allonger les délais de traitement des dossiers, de fermer certains centres d’emploi et d’abolir les conseils arbitraux et autres mécanismes d’appel.

Appel à la manifestation

« Les changements annoncés auront incontestablement des effets sur l’économie des régions. En obligeant une personne à occuper un emploi à 70 % du salaire, à défaut de quoi la personne n’a d’autre choix que de se tourner vers l’aide sociale financée par les provinces, on se dirige rapidement vers un pouvoir d’achat et de consommation fortement diminué, avec toutes les conséquences indirectes que l’on connaît.

« Il semble qu’il n’y ait pas d’autre voie que la mobilisation et l’action pour faire comprendre quelque chose à ce gouvernement et afin qu’il retire une fois pour toutes ce projet ignoble », a conclu Daniel Boyer.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.