Rencontre annuelle des membres FTQ des comités de francisation sur le thème Le français : une condition de travail — « Les comités de francisation méritent un meilleur appui du gouvernement » — René Roy, secrétaire général de la FTQ

René Roy, secrétaire général de la FTQ <br> <br><i>Photo Didier Debusschère archive FTQ</i>

René Roy, secrétaire général de la FTQ

Photo Didier Debusschère archive FTQ

Montréal, le 22 avril 2005 — Quelle est la situation de la langue française dans les milieux de travail? S’améliore-t-elle? Continue-t-elle de se détériorer? La FTQ s’inquiète des données publiées dans le dernier rapport annuel de l’Office québécois de la langue française.

« Le français est en péril dans beaucoup de milieux de travail, en particulier dans la région de Montréal. Si plusieurs employeurs manifestent une grande ouverture, parfois aiguillonnés par les syndicats, en revanche un trop grand nombre se font encore tirer l’oreille, a déclaré aujourd’hui le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy.

« Nos membres qui siègent aux comités de francisation des entreprises en arrachent et le soutien que nous leur offrons a besoin d’être enrichi par un appui constant et concret du gouvernement. Malheureusement, c’est plutôt le contraire qui arrive : le gouvernement Charest s’en remet carrément aux comités de francisation pour protéger la langue de travail. C’est une aberration! Notre monde est essoufflé! »

À l’automne 2003, la ministre responsable du dossier linguistique, madame Line Beauchamp, avait déclaré que les comités de francisation, qui réunissent les représentants patronaux et syndicaux, mériteraient d’être redynamisés. « Nous attendons la suite », remarque M. Roy.

Selon le dernier rapport annuel de l’Office québécois de la langue française, 47 % des travailleurs immigrants utilisent l’anglais au travail et 52 % des travailleurs francophones de la région de Montréal doivent utiliser occasionnellement l’anglais au travail. Chez 16 % des travailleurs francophones, l’utilisation de l’anglais est même la règle générale.

Pas toujours facile de siéger au comité de francisation
À chaque printemps, depuis plusieurs années, la FTQ convoque les militants et militantes des comités de francisation pour faire avec eux le bilan de l’état d’avancement du français dans les milieux de travail. Malgré les gains faits au cours des années, l’utilisation du français au travail est précaire. La pression de l’anglais se fait constamment sentir sur les membres des comités de francisation.

Un exemple de ténacité
Chez CAE, le processus de francisation est cyclique, selon Mme Lucie Pratte, militante de longue date du Comité de francisation chez CAE Électronique. « À tous les deux ans, les représentants syndicaux déposent une plainte à l’Office. Puis, CAE s’engage à implanter les mesures prévues à leur programme de francisation pour ne pas être privée des subventions gouvernementales. Pourtant, rien – ou très peu – de ces mesures se concrétisent. En bout de ligne, une nouvelle plainte est déposée pour non-respect du processus de francisation et ainsi de suite.

« Le manque de volonté chronique de la direction de CAE est presque devenu légendaire, poursuit la militante syndicale. Leur propension à la procrastination aussi. Ils ne bougent que si nous les traînons sur la place publique. Et chaque changement à la direction du comité de francisation ou à la direction de l’entreprise retarde le processus de francisation. Toujours répéter et recommencer devient épuisant et démotivant. »

Et il ne s’agit pas du seul exemple dans la grande région de Montréal. Tout indique que le français est loin d’y être la langue de travail, en dépit des exigences de la Charte de la langue française. La FTQ et son réseau de militants et militantes en francisation réclament de la formation continue pour les membres des comités qui veulent avoir des moyens véritables de faire leur travail.