Rejoindre les jeunes

Chantal Bertrand, SEPB-57 "C’est clair que l’information ne circule pas suffisamment, qu’il existe des problèmes quant à l’intégration des jeunes membres. Il faudrait systématiquement des structures d’accueil, un guide, dans chaque syndicat».

Chantal Bertrand, SEPB-57 "C’est clair que l’information ne circule pas suffisamment, qu’il existe des problèmes quant à l’intégration des jeunes membres. Il faudrait systématiquement des structures d’accueil, un guide, dans chaque syndicat».

Rejoindre les jeunes, particulièrement dans nos rangs, est un objectif prioritaire. C’est notamment la raison d’être du Comité des jeunes de la FTQ. Nous devons échanger, réfléchir, discuter de ce que nous faisons déjà et pourrions faire de plus afin de répondre aux besoins et revendications des jeunes, tant dans le milieu scolaire que dans les milieux de travail, et pour favoriser leur implication dans nos syndicats. C’est essentiel si nous voulons nous assurer que les syndicats demeurent, pour les jeunes mais aussi pour les plus âgés, le lieu des nécessaires solidarités qui permettent de faire avancer des objectifs de justice et d’équité, dans un monde où le capitalisme est plus vigoureux que jamais.

Pour rejoindre les jeunes, il nous faut absolument intervenir dans le milieu scolaire afin de mieux leur faire connaître les réalités du monde du travail et du monde syndical. La FTQ a actuellement un projet en préparation à ce sujet, conjointement avec la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), dans la foulée de la publication récente d’un petit livre destiné aux jeunes et intitulé La Vraie Vie.

Il nous faut également participer à la formation des jeunes par l’entremise de véritables stages formateurs en emploi. Déjà, la FTQ et son Fonds de solidarité ont mis sur pied en 1999 le Fonds étudiant solidarité travail du Québec. Ce fonds a permis en trois ans à plus de 1200 jeunes des niveaux secondaire, collégial et universitaire d’occuper des emplois d’été bien rémunérés dans des syndicats, des groupes communautaires, des coopératives et des PME. Il vise à faciliter l’intégration des jeunes dans les milieux de travail et à leur permettre de mieux connaître et apprécier l’action bénéfique du mouvement syndical dans notre société.

Par ailleurs, nous devrons réfléchir et agir dans nos milieux de travail pour rendre les emplois moins précaires, pour une meilleure conciliation du travail, des études et de la famille, ainsi que pour un équilibre dans la formation. Dans nos syndicats, il faut procéder à une adaptation et à un renouvellement des pratiques afin que les nouveaux membres aient accès à une information et une formation syndicales et que les jeunes puissent s’impliquer dans nos structures syndicales.

Enfin, je veux souligner un dernier point qui peut intéresser les jeunes car il est directement lié à nos nouvelles pratiques syndicales. L’action syndicale traditionnelle a son importance, certes, mais notre rapport de force réside aussi du côté de notre pouvoir économique. C’est ainsi que nous nous sommes donné un nouvel outil, le Fonds de solidarité FTQ, dont l’utilité et le succès ne sont plus à prouver. L’investissement responsable – le placement éthique -, par l’entremise de nos caisses de retraite, est un autre outil que nous devons développer, tout comme la consommation responsable, le commerce équitable. Ce sont là des actions qui peuvent permettre au mouvement syndical d’être plus proche des préoccupation de la nouvelle génération.