Pour un régime public et universel d’assurance médicaments

Serge Cadieux et Daniel Boyer

Photo: Isabelle Gareau

Texte paru dans l’encart spécial du journal Metro sur la campagne FTQ-CTC sur l’assurance médicament
Par Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ; et Daniel Boyer, président de la FTQ

Au départ, la création d’un régime hybride (public-privé) d’assurance médicaments a permis d’améliorer la situation d’un grand nombre de personnes au Québec. Cependant, cette configuration publique-privée génère de graves injustices. De fait, la couverture diffère selon l’endroit où l’on travaille et si l’on travaille ou pas! Pire encore : les coûts liés au régime actuel explosent. Dans les milieux de travail où un régime d’assurances collectives existe, la couverture relative aux médicaments est de plus en plus dispendieuse. Dans certains cas, la situation est carrément insoutenable au plan financier! Pour les personnes qui n’ont pas accès à une assurance collective et qui sont obligatoirement couvertes par le régime public d’assurance médicaments, la prime annuelle coûte 667 $, la franchise mensuelle et la coassurance à payer s’élèvent respectivement à 19,45 $ et à 34,8 % du coût du médicament. Ces coûts représentent une contribution financière énorme pour les personnes parmi les plus vulnérables de notre société.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et le Congrès du travail du Canada (CTC) demandent la mise en place d’un régime public et universel d’assurance médicaments.

Le Canada est le seul pays développé au monde qui a un réseau de santé universel qui n’inclut pas une assurance médicaments universelle. C’est une singularité qu’il faut corriger.

Au Québec, certes l’ensemble de la population bénéficie d’une couverture d’assurance médicaments. Mais les ménages québécois sont ceux qui paient le plus cher de leur poche pour le coût des médicaments.

Et cette situation a un prix. Un sondage national, mené par Angus Reid en 2015, révélait qu’un répondant sur cinq affirmait que lui-même ou un membre de sa famille n’avait pas pris les médicaments prescrits faute de revenus suffisants. D’autres diminuent leur dose de médicaments, la prenne une journée sur deux ou, encore, ne renouvellent pas leur prescription… des comportements qui ont des incidences sur leur santé.

Personne ne devrait être forcé de choisir entre payer son épicerie et payer les médicaments dont il a besoin.

Le Canada est le seul pays développé au monde qui a un réseau de santé universel qui n’inclut pas une assurance médicaments universelle. C’est une singularité qu’il faut corriger.

Un régime québécois public pour tous et toutes

Selon ce même sondage, 91 % des Québécois et des Québécoises sont d’accord avec l’établissement d’un régime public et universel d’assurance médicaments. L’entente récente entre le gouvernement du Québec et les compagnies pharmaceutiques concernant le coût des médicaments génériques est la preuve qu’en regroupant notre pouvoir d’achat, nous pouvons bénéficier de meilleurs prix. Imaginez quelles seraient les économies si le régime québécois était totalement public et universel!

Le CTC lance une campagne nationale visant à mettre en place un régime d’assurance médicaments universel pour tous les Canadiens et les Canadiennes.

La FTQ y adhère sans réserve, car cette campagne porte notre revendication de longue date quant à la mise sur pied d’un régime québécois d’assurance médicaments public et universel. Tout en appuyant la campagne du CTC, la FTQ somme le gouvernement du Québec de mettre en place, le plus rapidement possible, un tel régime pour protéger la qualité de vie de l’ensemble des Québécois et des Québécoises.

Télécharger l’encart du journal Metro.