Réaction de la FTQ aux propos tendancieux de l'éditorialiste du Devoir Jean-Robert Sansfaçon dans l'édition du vendredi 14 juin

« Négos sous influence » ou propos tendancieux ?

Nous réagissons aux propos pour le moins tendancieux de l’éditorialiste du Devoir, Jean-Robert Sansfaçon publié ce vendredi 14 juin, sur les négociations en cours dans l’industrie de la construction.

Un peu plus, et l’exercice collectif du processus de négociations dans cette industrie n’aurait aucune raison d’être, compte tenu qu’il se réalise « sous influence ».

« Ce qu’on sait moins chez les travailleurs, et qui importe aussi, écrit le journaliste, c’est le rôle que peut jouer la corruption au plus haut niveau dans ces relations de travail. » et qui ajoute , « la démocratie est une vue de l’esprit au sein des grands syndicats de la construction ».

Prenant appui sur le cas de deux ou trois individus dont les agissements soulèvent un questionnement légitime — mais dont aucun n’a jusqu’ici été reconnu coupable de quoi que ce soit —, Sansfaçon s’en prend à l’ensemble des représentants des 175 000 travailleurs et travailleuses de la construction, qui se feraient élire « par la force des bras ».

Peut-on penser une seule seconde que ces 175 000 travailleuses et travailleurs sont à ce point naïfs qu’ils n’hésitent pas à remettre le sort de leurs conditions de travail entre les mains d’une équipe de négociation qui les trahirait à la moindre occasion ?

Nous invitons Monsieur Sansfaçon à visiter les chantiers, à discuter avec ceux et celles qui réussissent, à bout de leurs bras, à construire hôpitaux, écoles, barrages hydro-électriques, routes, gratte-ciel et autres infrastructures.

Il comprendra peut-être alors que la vie syndicale n’a rien d’une structure totalitaire et que les enjeux de négociation, loin d’être un «grand bluff », touchent de très près le quotidien des 175 000 personnes. Pour ne prendre qu’un exemple, l’enjeu de l’embauche de la main-d’œuvre locale et régionale, contre l’envie des entrepreneurs de charrier le personnel dont il a besoin à travers tout le Québec, touche intimement la vie de dizaines de milliers de familles… Traiter cette question de bluff frise la malhonnêteté.

Nous ne jugerons pas plus stratégique de signer « rapidement » un contrat de travail pour nous faire oublier. Nous signerons la nouvelle convention collective lorsque les principaux concernés, les travailleurs et travailleuses eux-mêmes, le jugeront approprié.

Et en termes de « putréfaction avancée », nous laissons les lecteurs juger par eux-mêmes la qualité de l’information qu’on leur livre.

Michel Arsenault et Daniel Boyer, respectivement président et secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec