Réaction de la FTQ au rapport de la commission Séguin : « Un bon rapport, qui nous laisse sur notre appétit » — Henri Massé

Le 7 mars 2002 — « Dans l’ensemble, il s’agit d’un bon rapport qui fait la preuve du déséquilibre fiscal inacceptable qui existe au Canada, quoi qu’en dise Ottawa. Par contre, le rapport ne dit presque rien du déséquilibre économique profond qui existe au Canada et qui pénalise en particulier le Québec au profit de l’Ontario », affirme M. Henri Massé, président de la FTQ, dans sa réaction préliminaire au rapport de la commission Séguin.

M. Massé déclare : « Le rapport est un bon constat du déséquilibre fiscal qui fait ployer les provinces sous le fardeau dans des secteurs comme l’éducation et la santé, alors que l’argent est à Ottawa. Il y a une volonté d’étranglement des gouvernements provinciaux par Ottawa.

« Le rapport Séguin propose des solutions appropriées et justes, qui reprennent les demandes traditionnelles de tous les gouvernements québécois en matière de récupération de points d’impôt et de retrait inconditionnel de tout programme avec pleine compensation financière. Quant à la récupération de la TPS par les provinces, c’est une solution intéressante qui a le mérite, sur le plan administratif, d’être simple et claire. M. Chrétien avait lui-même promis d’abolir la TPS il y a quelques années, il aurait pu alors la remettre aux provinces!

Le régime fédéral défavorise le Québec

« Par ailleurs, nous restons sur notre appétit quand la commission Séguin aborde la question de la péréquation et du déséquilibre des revenus entre les provinces canadiennes : le rapport ne dit rien du déséquilibre économique majeur qui existe au Canada au profit de l’Ontario et contre le Québec. Les politiques fédérales ont toujours favorisé la province voisine. Les exemples ne manquent pas à cet égard : une seule usine d’assemblage d’automobiles au Québec — qu’on veut d’ailleurs faire disparaître — comparé à plusieurs en Ontario; une industrie pétrochimique qui a quitté Montréal pour Sarnia; des banques qui ont maintenant leurs centres de décision à Toronto; des aéroports qu’on laisse dépérir au profit de celui de Toronto, etc.

« Dans le régime fédéral, le Québec est défavorisé non seulement sur le plan fiscal mais aussi quant à son développement économique. La question de notre avenir dans ou hors de ce régime reste toujours à l’ordre du jour. »