RÉACTION DE LA FTQ AU BUDGET FÉDÉRAL : « N'EÛT ÉTÉ D'UNE GAFFE MAJEURE, ÇA AURAIT PU ÊTRE UN BON BUDGET...»

Montréal, 28 février 2000 - Le président de la FTQ, M. Henri Massé, et le secrétaire général, M. René Roy, ont émis la déclaration suivante en réaction au budget fédéral :

« À peu près tout le Québec demandait à Ottawa de restaurer les paiements de transfert pour la santé, l’éducation et l’aide sociale au niveau d’avant 1994, soit près de 950 millions de dollars de plus, dès cette année, pour le Trésor québécois. Or, le fédéral ne consent que 600 millions de dollars sur quatre ans et ce n’est pas récurrent. Le pire, c’est qu’il aurait sans doute eu la marge de manœuvre pour le faire s’il n’avait pas diminué les impôts des entreprises, qui jouissent pourtant d’un régime fort compétitif. N’eût été de cette gaffe majeure, le budget Martin aurait pu être un bon budget.

« Quant au programme d’investissements dans les infrastructures publiques, le budget n’alloue que le tiers de ce que demandait la Coalition québécoise pour le renouvellement des infrastructures, dont la FTQ fait partie avec toutes les associations patronales et les municipalités. C’est un pas dans la bonne direction mais ça ne va pas assez loin, d’autant plus qu’un dollar investi directement dans l’économie est plus productif qu’une réduction d’impôt. C’est le seul programme de création d’emplois du budget et il est décevant.

« Il faut aussi dénoncer par ailleurs l’intrusion du fédéral dans les compétences des provinces avec cette injection massive dans la recherche universitaire. Comme pour les congés parentaux, Ottawa devrait plutôt remettre cet argent au Québec.

« Côté positif, le budget Martin contient quelques bonnes nouvelles pour les contribuables comme l’indexation des tables et seuils d’impôt, la hausse des exemptions de base et des baisses d’impôt pour la classe moyenne qui en paie encore trop. Ces allégements sont rendus possibles, notons-le, grâce aux surplus faramineux accumulés dans la caisse de l’assurance-emploi.

« Il faut saluer également les sommes allouées pour les congés parentaux, mais en demandant à nouveau qu’Ottawa remette ces sommes au Québec qui pourra mieux les gérer dans un meilleur régime d’assurance parentale. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.