Qu'entendent faire les partis politiques fédéraux pour les travailleuses et les travailleurs âgés?

Montréal, le 17 juin 2004 – L’intersyndicale formée de la CSD, de la CSN, de la CSQ et de la FTQ exige que tous les partis politiques fédéraux se prononcent, durant la campagne électorale, en faveur ou non de l’instauration du Programme de soutien du revenu pour les travailleuses et les travailleurs âgés. « Nous en avons assez de l’indifférence du gouvernement fédéral face au sort des travailleuses et des travailleurs âgés victimes de fermeture d’entreprise ou de licenciement collectif. La campagne électorale est le moment tout désigné pour que ceux et celles qui prétendent former le prochain gouvernement disent publiquement s’ils sont prêts à mettre en vigueur le programme que nous revendiquons en intersyndicale depuis plusieurs années déjà », a déclaré François Vaudreuil, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

L’intersyndicale a obtenu, le 16 septembre 2003, l’appui du gouvernement du Québec pour la mise sur pied du programme qui serait financé à 70 % par le gouvernement fédéral et à 30 % par les provinces qui accepteraient d’y adhérer. Le ministre de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille du Québec, M. Claude Béchard, s’est engagé par la même occasion à en parler à ses collègues des autres provinces de façon à faire pression sur Ottawa pour qu’il mette sur pied le programme.

« Il existe, depuis 1997, un trou dans notre filet de protection sociale avec la disparition du PATA, le Programme d’adaptation des travailleurs âgés. C’est cette lacune que l’intersyndicale tente de combler depuis ce temps. Le programme que l’on propose s’adresserait aux travailleuses et travailleurs âgés de 55 ans ou plus qui, les études le démontrent, souffrent davantage du chômage de longue durée que les gens de toute autre catégorie d’âge », a expliqué René Roy, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ).

L’âge ne serait, par ailleurs, pas le seul critère d’accès au programme, les personnes visées étant celles dont les compétences acquises ne sont plus en demande, il serait donc illusoire de tenter de les réinsérer en emploi tant les compétences aujourd’hui requises sur le marché du travail leur seraient longues à acquérir.

« Ces personnes à qui l’on demandait avant tout d’avoir du cœur au ventre au moment d’entrer tout jeune sur le marché du travail, qui ont ainsi contribué à développer le Québec tel que nous le connaissons aujourd’hui, ne peuvent être laissées pour compte vers la fin de leur vie active, du seul fait que l’entreprise où elles travaillaient depuis de nombreuses années a fermé ses portes ou fait des licenciements collectifs. La société leur doit respect et elle doit leur donner l’espoir de se rendre jusqu’à l’âge de 65 ans dans la dignité », a déclaré Denise Boucher, troisième vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

L’intersyndicale n’en est pas à ses premières démarches auprès du gouvernement fédéral. Encore récemment, soit le 29 avril dernier, ses représentantes et ses représentants rencontraient une attachée politique et un haut-fonctionnaire de Ressources humaines et développement des compétences Canada pour obtenir que le gouvernement du Canada nous dise à quelle enseigne il loge par rapport au programme proposé. À ce jour, nous n’avons obtenu aucune réponse.

Sachant que la campagne électorale fédérale allait être déclenchée bientôt (ce qui fut fait le 24 mai dernier), l’intersyndicale a exigé, en conférence de presse, le 3 mai 2004, que les partis politiques fédéraux se prononcent sur la mise en place du programme. À la suite de quoi, une lettre a été adressée aux chefs des partis et à leur porte-parole en matière de politique sociale pour officialiser cet appel. Encore une fois, aucune réponse ne nous est parvenue à ce jour, ni publiquement ni privément. « Devant un tel mutisme, nous devons tout déployer pour amener les partis politiques fédéraux à prendre position. C’est une question de respect pour ces travailleuses et ces travailleurs qui ont tant investi, ils ne doivent pas perdre leur vie pour avoir tout sacrifié à la gagner », a conclu Jacinthe Côté, troisième vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).