Québec et Ottawa n’ont pas le droit de laisser tomber les ex-travailleurs du chrysotile!

Montréal, le 16 mai 2013. – La CSN et la FTQ interpellent les deux paliers de gouvernement pour qu’ils viennent au secours des travailleurs âgés du chrysotile, qui se retrouvent devant rien un an et demi après la fermeture des mines. La ministre québécoise de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, et le ministre fédéral de l’Industrie et député de Mégantic-L’Érable, Christian Paradis, doivent travailler de concert à un programme destiné à soutenir la transition des travailleurs les plus âgés jusqu’à l’âge de leur retraite.

Des comités de reclassement ont été tenus et les plus jeunes, ainsi que les travailleurs spécialisés, ont pu se retrouver un travail. Mais le portrait est beaucoup plus sombre pour les travailleurs de plus de 55 ans. « Les gouvernements ne peuvent rester les bras croisés devant les drames vécus par ces gens, qui découlent d’orientations politiques. Personne ne peut être contre l’octroi de fonds pour la diversification économique, mais malheureusement, ce n’est pas ça qui met du beurre sur la table et qui aide à payer l’hypothèque quand on a plus de 55 ans et que plus personne ne veut nous embaucher. Il faut donc faire plus pour ces personnes », lancent les présidents de la FTQ et de la CSN, Michel Arsenault et Jacques Létourneau.

La ministre déléguée à la Politique industrielle, Élaine Zakaïb, a annoncé un fonds de diversification de 50 millions de dollars pour la région d’Asbestos (où était située la mine Jeffrey), mais rien pour celle de Thetford Mines (Lab Chrysotile). Le ministre fédéral Christian Paradis avait quant à lui annoncé, à l’automne, l’octroi d’un fonds de 50 millions sur sept ans pour Thetford Mines, dont les modalités d’utilisation n’ont pas encore été définies. Dans les deux cas, pas un sou n’est accordé pour permettre aux travailleurs âgés de vivre dignement jusqu’à l’âge de leur maigre retraite. Les emplois se font rares dans la région et les employeurs préfèrent embaucher des plus jeunes. La situation est lourde pour les familles et le moral est à son plus bas.

« Le chrysotile a jadis été une industrie nationalisée, dont les gouvernements favorisaient l’essor. Le changement d’orientation qui a mené à la décision des gouvernements d’abandonner cette industrie doit s’accompagner de l’obligation d’aider les travailleurs à se réorienter et de soutenir ceux qui ne peuvent le faire. Québec et Ottawa doivent mettre de côté leurs tensions et travailler de concert pour aider les anciens travailleurs du chrysotile. Il ne s’agit pas de montants astronomiques, mais ça peut faire toute la différence pour ceux qui se retrouvent devant l’aide sociale, obligés de liquider leur maison après avoir travaillé toute leur vie », ont conclu les leaders syndicaux.