« Québec et Ottawa doivent convoquer les parties pour forcer Shell à respecter sa parole et ses obligations » – Michel Arsenault, président de la FTQ

Shell pratique la politique de la terre brûlée sans avoir le courage de le dire

Montréal, mercredi 30 juin 2010 – « Nous savons de source très sûre que Shell a rejeté du revers de la main une nouvelle offre fort généreuse de plus de 150 millions de dollars pour ses activités de raffinerie. La compagnie s’était pourtant engagée envers les pouvoirs publics, la communauté de Montréal-Est, le syndicat et tous les partis politiques à considérer à sa juste valeur toute offre sérieuse.

« Il devient de plus en plus évident que Shell a cherché à gagner du temps pour pratiquer une politique de la terre brûlée afin d’empêcher tout concurrent d’occuper son marché au Québec sans avoir le courage de le dire ouvertement et en faisant semblant de jouer le jeu du processus de recherche d’un repreneur », a indiqué le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Michel Arsenault.

Dans une lettre expédiée au directeur général de la raffinerie de Montréal-Est, Christian Houle, le président du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCFP), section locale 121, Jean-Claude Rocheleau, fait valoir pour sa part que « plus que du mécontentement, il s’agit d’incompréhension, de colère et d’un sentiment désagréable d’avoir fait rire de nous par Shell au cours des derniers mois. En effet, nous avons beaucoup de difficulté à nous expliquer ce refus de vendre de la part de Shell, qui avait pourtant donné des assurances, notamment aux différents paliers de gouvernement, quant à son intention réelle de considérer une offre d’achat sérieuse déposée par une entreprise crédible. »

« Shell n’a jamais eu l’intention de vendre et était tout à fait convaincue que jamais le groupe de relance présidé par Me Michael Fortier n’allait trouver d’acheteur. Prise au jeu du succès de ces démarches, elle tente maintenant par tous les moyens de se sortir d’une transaction qu’elle n’a en fait jamais voulu réaliser », a poursuivi M. Rocheleau.

« Nous pressons formellement le ministre fédéral des Ressources naturelles et responsable de Montréal, Christian Paradis, de même que le gouvernement Charest de convoquer les parties afin de forcer Shell à respecter ses engagements et à négocier de bonne foi avec l’acheteur éventuel. On ne peut laisser impunément un voyou corporatif agir avec une telle hypocrisie et se jouer de l’avenir de la pétrochimie au Québec, de centaines d’emplois et des espoirs de toute une communauté », a conclu Michel Arsenault.