Produits fabriqués dans des conditions de travail abusives - Campagne auprès des 3 plus grandes chaînes de magasins : La Baie, Sears et Wal-Mart

Montréal, 14 février 2001 - « Les trois plus importantes chaînes de magasins de détail au Canada, La Baie, Sears et Wal-Mart, ont une grande responsabilité sociale au sujet des conditions de travail des établissements dans lesquels sont fabriqués, dans certains pays, les vêtements et autres produits qu’elles vendent aux consommateurs. Elles doivent se donner à cet égard un code de conduite et des politiques d’achat sélectives, comme le demandent les propositions que nous déposons pour adoption à leurs assemblées d’actionnaires. »

C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui le président de la FTQ, M. Henri Massé, en annonçant une action qui constitue une première syndicale au Québec.

M. Massé a en effet rendu publique la résolution soumise en prévision de l’assemblée des actionnaires de la Compagnie de la Baie d’Hudson, le 23 mai prochain, et qui a été acheminée par la caisse de retraite de la section locale de LaSalle-Verdun du Syndicat des pompiers du Québec (FTQ). « Des résolutions semblables ont été soumises par d’autres syndicats pour être débattues lors des assemblées de Sears et Wal-Mart, dans le cadre d’une campagne d’envergure canadienne et nord-américaine », indique le représentant du Syndicat des pompiers, M. Richard Bowes.

Des normes universellement reconnues
Ces propositions demandent aux trois grandes chaînes d’améliorer leur code de conduite et leurs méthodes de surveillance de façon à s’assurer que leurs fournisseurs respectent les normes universellement reconnues en matière de droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses, soit celles de l’Organisation internationale du travail (OIT). Ces normes prévoient notamment :

> La liberté d’association et la reconnaissance effective du droit à la négociation collective;

> L’élimination du travail forcé et obligatoire sous toutes ses formes;

> L’abolition effective de la main-d’œuvre enfantine;

> L’élimination de la discrimination dans l’emploi.

« Nous savons que La Baie obtient des marchandises de pays comme la Chine où les droits des salariés sont souvent violés, dit M. Massé. Même au Canada, les entrepreneurs à contrat de certaines compagnies contreviennent aux normes du salaire minimum dans l’emploi de travailleuses et travailleurs à domicile. Nous croyons que des codes de conduite et des méthodes de vérification efficace inciteront les fournisseurs à améliorer leurs normes d’emploi. »

Boycott des consommateurs

Selon un sondage CROP réalisé en 1998, 55 % des consommateurs canadiens disent tenir compte des conditions de production lorsqu’ils achètent des biens de consommation. Il arrive souvent que, en réponse aux révélations concernant des conditions de travail abusives, les consommateurs boycottent la compagnie concernée. Il arrive aussi que les investisseurs institutionnels, comme les caisses de retraite, vendent leurs actions ou bien évitent d’en acheter.

La FTQ mène cette campagne en collaboration avec le mouvement syndical canadien, représenté aujourd’hui par la Shareholder Association for Research and Education (SHARE) et son porte-parole M. Gil Yaron.

M. Massé conclut : « Cette première action de la FTQ ne sera pas la dernière. Elle fait suite au plan d’action que nous avons adopté l’automne dernier lors de notre colloque sur les caisses de retraite et les moyens d’augmenter l’influence syndicale en ce domaine. Les caisses de retraite constituent un levier d’action extraordinaire pour les travailleurs et les travailleuses et nous allons l’utiliser à fond pour améliorer les conditions de travail et de vie partout dans le monde. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.