Premier séminaire FTQ sur les droits de la personne - Pour une société inclusive!

Le panel : Serge Leblanc, Fonds FTQ; Chritian Laplante, SCEP; Frank Beaudin, Métallos; Romiale Anthony, TCA; Carol Robertson et Jean-Pierre Le Clerc, SCFP; et l’animatrice Denise Gagnon, FTQ <br> <br>Mohand Tessa, conseiller au Fonds de solidarité FTQ, a retracé l’histoire de la communauté musulmane. <br> <br>Le secrétaire général de la FTQ, René Roy, a rappelé que les syndicats se sont toujours battus pour contrer la discrimination au travail. <br> <br>Guadalupe Vento, également conseillère au Fonds de solidarité, a souligné que les efforts d’intégration doivent se faire des deux parts.<br><hr>

Le panel : Serge Leblanc, Fonds FTQ; Chritian Laplante, SCEP; Frank Beaudin, Métallos; Romiale Anthony, TCA; Carol Robertson et Jean-Pierre Le Clerc, SCFP; et l’animatrice Denise Gagnon, FTQ

Mohand Tessa, conseiller au Fonds de solidarité FTQ, a retracé l’histoire de la communauté musulmane.

Le secrétaire général de la FTQ, René Roy, a rappelé que les syndicats se sont toujours battus pour contrer la discrimination au travail.

Guadalupe Vento, également conseillère au Fonds de solidarité, a souligné que les efforts d’intégration doivent se faire des deux parts.


C’est sous le thème Pour une société inclusive! que s’est tenu le premier séminaire FTQ sur les droits de la personne en milieu de travail, le 27 février. Près de 100 personnes ont participé à ce séminaire dont le principal objectif était de faire le point sur la discrimination en emploi et les phénomènes d’exclusion.

Dans son mot de bienvenue, le secrétaire général René Roy a rappelé que les syndicats se sont toujours battus pour contrer toutes les formes de discrimination en emploi : « Les syndicats ont négocié des clauses anti-discrimination dans leurs conventions collectives bien avant l’adoption de lois à cet effet. On peut même affirmer qu’ils ont souvent été les précurseurs des lois et des chartes actuelles.»

Cependant, nous n’avons pas encore réussi à éliminer complètement la discrimination et l’exclusion vécues dans les milieux de travail ou les difficultés d’accès à l’emploi par plusieurs groupes. Il faut donc se pencher sur les moyens dont nous disposons pour faire respecter les droits individuels comme les droits collectifs.

La conseillère syndicale au Service de l’éducation de la FTQ, Denise Gagnon, a tracé rapidement l’évolution de la problématique, tant au niveau international que canadien et québécois. Me Georges Marceau a expliqué les différents recours dont nous disposons pour faire reconnaître nos droits, soulevant ainsi la question des droits individuels par rapport aux droits collectifs. Son intervention a permis de réfléchir sur les enjeux liés au choix du mécanisme de plainte à privilégier.

Des conférenciers de qualité
Les travaux se sont poursuivis par des témoignages visant à sensibiliser les membres à différentes problématiques. Mohand Tessa, conseiller au Fonds de solidarité FTQ, a parlé de la communauté musulmane dont il est issu. Il a rappelé l’histoire de cette communauté, qui compte 1,2 milliard de fidèles à travers le monde. Nombreux sont les pays musulmans qui ont été victimes de la colonisation, ce qui a laissé des traces profondes, des traumatismes et un sous-développement qui explique en partie la situation de migration vers les pays plus riches.

Pas le 11 septembre
Les membres des communautés musulmanes n’acceptent pas, avec raison, d’être associés aux événements du 11 septembre 2001. C’est pourquoi ils ont été très touchés par l’envergure et le message des deux récentes marches pour la paix.

Guadaloupe Vento, elle aussi associée au Fonds de solidarité FTQ, avait été invitée à parler du racisme. D’entrée de jeu, elle a affirmé que «les Québécois sont au racisme réel ce que les pee-wee sont aux grandes ligues». Non pas qu’il n’y ait aucun racisme au Québec, mais ce dernier n’a rien à voir avec ce qui se vit dans d’autres pays. Si les personnes immigrantes sont prêtes à faire un minimum d’efforts, elles seront facilement accueillies et intégrées car nous sommes généralement curieux et ouverts.

Pour alimenter notre réflexion
Ces conférences ont été suivies d’un panel portant sur des problématiques particulières. Ainsi, Jean-Pierre Le Clerc (SCFP) a abordé la question des droits des gais et des lesbiennes. Tout en reconnaissant que le Québec était probablement la société la plus avancée en matière de droits – nous disposons d’une base juridique très solide – il reste encore beaucoup à faire pour contrer les préjugés et l’homophobie dans la société.

Carol Robertson (SCFP) a parlé des pas majeurs de la lutte des femmes en rappelant toutefois qu’il faut encore et toujours se battre pour faire appliquer ou respecter les droits acquis. Les batailles autour de la Loi sur l’équité salariale illustrent bien la nécessité de demeurer vigilants et proactifs. Romiale Anthony (TCA) a mentionné que le Québec s’est transformé par l’immigration et que nous avons comme responsabilité syndicale de faciliter l’intégration des personnes immigrantes dans nos milieux de travail.

En tant que représentant des jeunes, Frank Beaudin (Métallos) a insisté sur l’intérêt et l’importance d’utiliser les plus âgés comme catalyseurs pour faciliter la relève dans nos syndicats. Témoignant pour les autochtones, Christian Laplante (SCEP) considère que les syndicats doivent avoir des politiques pour «désapprendre le racisme». Enfin, selon Serge Leblanc (Fonds de solidarité FTQ), les personnes handicapées sont le seul groupe qui a régressé durant les dix dernières années. Selon lui, «si la personne handicapée doit s’impliquer dans son propre développement, le milieu de travail doit s’ouvrir et les syndicats locaux doivent être impliqués dans son intégration».

En ateliers, les membres ont réagi aux interventions de la journée et échangé sur leurs propres pratiques. Une grande conclusion s’impose : ce premier séminaire ne doit pas être le dernier!