Pourquoi la FTQ

<I>Photo Jocelyn Vincent / AIMTA

Photo Jocelyn Vincent / AIMTA

La FTQ ne s’est jamais enfermée dans un carcan idéologique, se concentrant plutôt sur la défense de ses membres sur le terrain, quelles que soient leur condition ou leurs opinions. Malgré sa taille – qui fait de notre centrale une organisation incontournable dans tous les débats de société au Québec – la FTQ et ses syndicats affiliés dans la santé se sont dotés de structures à la fois souples et à l’écoute des préoccupations des membres. dans nos structures à échelle humaine, tout le monde peut s’exprimer dans le plus grand respect.

Au fil des ans, la grande diversité de nos effectifs a fait de la FTQ un modèle de respect et de solidarité entre les secteurs privé et public. Mais surtout, la FTQ se caractérise dans l’univers social et économique québécois par son pragmatisme, sa capacité de représentation auprès des décideurs politiques ou administratifs, son expertise dans la défense de ses membres en santé et sécurité du travail, en relations de travail, en négociation, etc.

Dans la santé et les services sociaux, les membres de la FTQ, qu’ils soient préposés aux bénéficiaires, éducatrices, aides en alimentation, infirmières auxiliaires, secrétaires ou peu importe la fonction, s’identifient à leur centrale et savent qu’ils peuvent compter très concrètement sur leurs consoeurs et confrères du secteur privé. Cette solidarité se manifeste non seulement par des résolutions de congrès mais aussi et surtout à l’occasion de mobilisations, comme celles initiées par la FTQ contre les politiques antisyndicales et antisociales adoptées sous le bâillon par le gouvernement libéral à l’automne 2003.

Contrairement aux prétentions de certains patrons et du gouvernement, cette solidarité de tous les membres de la FTQ, du privé comme du public, contre la sous-traitance de cheap labor, contre la privatisation des services publics, contre l’imposition arbitraire d’unités syndicales, prouve hors de tout doute que les préoccupations des travailleurs et travailleuses de la santé ne relèvent pas du corporatisme mais constituent des enjeux partagés par l’ensemble de la société québécoise. Nous sommes profondément convaincus que c’est en améliorant les conditions de travail que nous pourrons améliorer la qualité des services de santé à la population, que nous pourrons créer un environnement de travail respectueux à la fois des travailleurs et des bénéficiaires.

Le gouvernement Charest a arbitrairement imposé la présente campagne d’allégeance syndicale dans la santé et les services sociaux. La FTQ est prête à accueillir tous les travailleurs et toutes les travailleuses voulant disposer d’un rapport de force solide, fondé sur le respect et la diversité.

En toute solidarité,
Henri Massé
Président

La loi 30… la loi de l’imposition
Lorsque Jean Charest a annoncé ses intentions de réformer le système de santé, les syndicats de la FTQ-Santé ont déclenché une mobilisation hors du commun. À la FTQ, nous avons une solide tradition de syndicats industriels qui regroupent tant les travailleuses et travailleurs de la buanderie ou de l’alimentation, que des soins directs ou des bureaux dans les divers établissements du réseau de la santé et des services sociaux.

Avec sa loi 30, le gouvernement sème la division et déchire des milieux de travail où nos membres, peu importe leurs fonctions, se côtoient souvent depuis des dizaines d’années, échangent sur leurs problèmes, se soutiennent mutuellement. C’est à cette solidarité et à cette tradition d’entraide que le gouvernement s’est attaqué arbitrairement.
La loi 30 impose le regroupement – au sein des établissements – des travailleuses et travailleurs sous quatre catégories d’emploi qu’ils n’ont pas choisies ni négociées. Ces catégories constitueront les nouvelles unités d’accréditation syndicales. Certains regroupements émaneront même d’une fusion de plusieurs centres.

Au moment d’écrire ces lignes, la requête des syndicats de surseoir à l’application de la loi 30 ayant été rejetée par les tribunaux, des votes d’allégeance syndicale ont débuté dans les établissements visés par la loi. Ces votes se tiendront en diverses étapes de l’automne 2004 à l’été 2005.

Des militants et militantes de longue date, qui ont renouvelé année après année leur adhésion à leur syndicat et qui ont fait du militantisme un projet de vie, se retrouveront dans une autre centrale sans avoir eu leur mot à dire, à cause de la prépondérance du nombre. Pourtant, l’appartenance syndicale n’est pas un mot vide de sens. Perdre cette appartenance peut devenir lourd de conséquences pour une personne militante.

Négociations
Les offres du gouvernement suscitent l’indignation

Indignation. Le mot est sans doute faible pour décrire le ressentiment exprimé
par le Front commun FTQ-CSQ-CSN après avoir reçu,
le 18 juin dernier, les offres monétaires du gouvernement dans le cadre de la ronde de négociations dans les secteurs public et parapublic. Les membres de la coordination FTQ1 ont unanimement décrié cette offre.
En tout et partout, c’est une enveloppe de 12,6 % que le gouvernement entend consacrer à l’ensemble des modifications des conditions de travail, qu’il s’agisse des salaires, des régimes de retraite et d’assurances et des autres avantages sociaux, des demandes particulières aux différents secteurs (santé, éducation, fonction publique) ou encore du dossier de l’équité salariale. Mais aussi, cela englobe l’ensemble du corps public : syndiqués et non syndiqués, juges, médecins, députés, etc.

Précédent
Dans l’offre, qui couvre six années – un précédent -, 6 % sont déjà réservés aux salaires (2 % pour chacune des années 2006, 2007 et 2008) et l’autre tranche de 6,6 % devra combler TOUT le reste ! On peut à toutes fins utiles parler de gel salarial pour les années 2004, 2005 et 2009. Les conventions collectives dans le secteur public ont jusqu’ici été d’une durée de trois ans.

En décembre 2003, le Front commun a déposé en décembre 2003 ses demandes salariales : 4,5 % à compter d’octobre 2003, 4% à compter de janvier 2005 et 4 % en janvier 2006. Des demandes somme toute raisonnables, compte tenu du retard accusé par les secteurs public et parapublic par rapport au privé, de l’évolution du coût de la vie et de la croissance économique.

Les syndicats de la FTQ ont déposé leurs demandes aux tables appropriées et on attend une convocation des employeurs pour amorcer le processus des négociations.

1. La coordination FTQ est formée du Syndicat des employés-es professionnels-les et de bureau, du Syndicat canadien de la fonction publique, du Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298, ainsi que de l’Union des employés-es de service, section locale 800.