Pour répondre à Kyoto : Une politique syndicale sur l'énergie

Joseph Gargiso est vice-président administratif du SCEP au Québec. Il représente le secteur de l’énergie de son syndicat et coordonne le programme canadien de négociation de l’énergie et de la chimie.<br><br>

Joseph Gargiso est vice-président administratif du SCEP au Québec. Il représente le secteur de l’énergie de son syndicat et coordonne le programme canadien de négociation de l’énergie et de la chimie.

Le 16 décembre 2002, cinq ans après la conclusion du Protocole de Kyoto sous l’égide des Nations Unies, le premier ministre Jean Chrétien le signait enfin au nom du Canada. Approuvé le 10 décembre 1997, l’Accord de Kyoto avait pour but d’inciter les gouvernements et les populations à diminuer les émissions de gaz à effet de serre qui menacent la planète en adoptant de nouvelles façons de produire et de consommer.

Pour répondre au protocole de Kyoto, notamment, le SCEP, le plus grand syndicat du secteur de l’énergie au Canada, préparait ses cartes depuis quelques années. Lors de son congrès de septembre dernier, il a adopté une politique sur l’énergie. «Kyoto est un élément parmi d’autres de notre politique, précise Joseph Gargiso, vice-président administratif du SCEP au Québec et responsable du secteur énergie du syndicat. La politique repose sur le principe qu’il n’y a pas nécessairement de conflit entre l’emploi et la protection de l’environnement.»

Le SCEP prône une action en vue de contrôler les changements climatiques, favorise une gestion prudente de nos ressources et souhaite une planification de la dépollution de notre environnement.

Les gouvernements et les entreprises, particulièrement, portent la responsabilité sociale de minimiser les impacts négatifs de l’adoption de mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le SCEP et la FTQ proposent la création d’un fonds de transition équitable en faveur des communautés ainsi que des travailleurs et travailleuses qui pourraient être affectés par la mise en œuvre du Protocole de Kyoto. Ce fonds devra :

  • faciliter la relocalisation et le recyclage;
  • favoriser la formation et le soutien du revenu.

  • Ces mesures de transition devraient être accompagnées de mesures de soutien à la création d’emplois dans de nouveaux créneaux. Nous aurons ainsi de meilleures chances de léguer une planète encore en santé aux générations futures.
    D’ailleurs, le Conseil général de la FTQ tenu le 1er novembre 2002 a adopté à l’unanimité une résolution en ce sens.

    L’autre côté de la médaille
    Les recherches menées par le SCEP sur les impacts de la réduction des gaz à effet de serre concluent qu’ils ne sont pas de la même ampleur que les opposants au protocole de Kyoto l’ont laissé craindre. «Selon le scénario le plus probable, la croissance économique serait de 17,6 % au lieu de 18 % jusqu’en 20101. Ça implique des changements dans nos habitudes de consommation, par exemple en matière de transport, précise le confrère Gargiso. Il faudrait recourir davantage au transport en commun et construire des voitures moins énergivores et plus performantes. La technologie est là pour le faire et Kyoto va créer une pression pour obliger la société à agir. Le problème est mondial et la solution doit l’être aussi.»

    Il rappelle l’expérience de l’élimination du plomb dans l’essence dans les années 70. «Cela a affecté l’industrie de la production du plomb. Il y a eu des mises à pied. Nous avons donc la responsabilité collective d’adopter des mesures d’accompagnement et nous, au SCEP, nous voulons y participer.»

    Pour agir sur les changements climatiques, il faudra faire de la recherche et du développement, rénover les édifices publics, industriels et commerciaux pour améliorer la consommation d’énergie, créer des emplois dans de nouveaux secteurs. Nous ne manquerons pas de travail, selon les plus optimistes.

    Il en va de l’avenir de notre planète!
    Depuis le printemps 2002, l’appui à l’Accord de Kyoto au Canada s’est effrité. Il n’y a qu’au Québec que l’accord demeure populaire avec l’appui des trois-quarts (76 %) de la population.2
    Quant à nos voisins du Sud, probablement au premier rang des pollueurs, ils ne montrent toujours aucun enthousiasme à appuyer l’accord quoique certains états, telle la Californie, légifèrent en la matière. La politique du SCEP sur l’énergie demande au gouvernement du Canada d’user de son influence pour amener les États-Unis à se joindre à la communauté internationale dans la lutte contre le réchauffement de la planète.

    Quelques adresses utiles pour s’informer et faire des choix «énergétiquement» éclairés :

    www.scep.ca » target= »_blank »>www.scep.ca
    www. oee.nrcan.gc.ca
    www.changements-climatiques.qc.ca » target= »_blank »>www.changements-climatiques.qc.ca
    www.dec-ced.gc.ca » target= »_blank »>www.dec-ced.gc.ca