Pour le maintien de l'universalité des services de garde Dépôt d'une pétition de plus de 107 000 signatures à l'Assemblée nationale

Hélène Potvin, présidente de l'association québécoise des centres de la petite enfance et Pierre Dupuis, vice-président de la FTQ. <br><i>Photo: Didier Debusschère

Hélène Potvin, présidente de l'association québécoise des centres de la petite enfance et Pierre Dupuis, vice-président de la FTQ.
Photo: Didier Debusschère

Québec, le 11 juin 2003 – Le député de Joliette et porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille et enfance, M. Jonathan Valois, a déposé aujourd’hui à l’Assemblée nationale, au nom de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), de la Coalition pour le maintien de l’universalité des services de garde, des parents et des nombreux signataires, une pétition contenant plus de 107 000 noms. Cette pétition demande au gouvernement du Québec de maintenir les places à contribution réduite à 5 $ pour toutes les familles et de poursuivre le développement des centres de la petite enfance.

« L’ensemble des partenaires de la Coalition ont réussi à amasser 107 324 signatures en moins de dix jours. Cette pétition envoie un message très clair au gouvernement de Jean Charest : les gens tiennent à ce que le tarif demeure à 5 $, que les services soient universels et que le développement se poursuive, tel que prévu, par les CPE, » annonce madame Hélène Potvin, présidente de l’AQCPE.

Les membres de la Coalition profitent de l’occasion pour faire le point sur les différentes déclarations entendues au cours des dernières semaines.

1- Universalité, une mesure pour les enfants

« L’universalité était un des fondements de la politique familiale. C’est une reconnaissance des besoins des enfants. Avec l’universalité, on ne tient pas compte de l’occupation des parents. Il n’y a pas de parents bas salariés, pas de classe moyenne qui subit en silence les hausses, pas de nantis indifférents. Plutôt des familles et un engagement du gouvernement à leur égard comme pour l’éducation et la santé » affirme la présidente de l’AQCPE.

« Si nous voulons que le Québec continue à avoir des enfants, il est juste que les parents soient soutenus par la collectivité : tous les particuliers, avec ou sans enfant, et les corporations doivent participer à cet effort. Pour qu’une politique familiale ait des effets sur la natalité, nous croyons que ses programmes doivent être stables afin de donner une perspective aux futurs parents. » poursuit la présidente de l’AQCPE.

2- Des engagements pris à l’égard des conseils d’administration

Au cours de l’année 2002, de nombreux conseils d’administration de CPE ont reçu, par lettres signées de la ministre en titre, l’attribution des places en installation et l’année d’autorisation de leur développement; autorisations échelonnées sur quelques années financières. À différents niveaux, ces CPE ont entrepris des démarches, obtenu des dons de terrains par des municipalités et engagé des sommes financières pour assurer la réalisation de ces places dans les délais prévus.

Quelques semaines après la venue d’un nouveau gouvernement, ces lettres n’avaient plus de sens. Le développement de plusieurs milliers de places a été gelé et personne ne peut, à ce jour, assurer leur concrétisation. On parle ici du gel de quelques milliers de places. On parle du travail de parents bénévoles suspendu pour décision ultérieure.

3- Garderies : un investissement $ important de l’État

Au Québec il n’existe pas de garderies publiques. Les CPE sont des corporations privées sans but lucratif gérées par des parents bénévoles. Son comparable est l’école privée. La garderie dite « privée » l’est effectivement, mais elle est à but lucratif, un commerce. Son comparable est la boutique près de chez vous.

Il est faux de dire que les garderies à but lucratif ne coûtent rien en terme d’investissement à l’État. « En réalité, elles reçoivent une subvention de fonctionnement. L’hypothèque de leur immeuble est payée à même cette subvention. De plus, alors que les CPE ne peuvent se vendre, se transformer, modifier leur mission, les garderies à but lucratif quant à elles, peuvent décider de fermer leurs portes, ou de se vendre, du jour au lendemain en ayant acquis des biens immobiliers à même les fonds publics, puisque leur financement est égal à 84 % du financement attribué aux CPE, donc de l’État » affirme Diane Vandy, la vice-présidente de l’AQCPE.

Par ailleurs, il importe de rappeler que ces garderies ont fait des gains importants au cours des dernières années. En plus de sommes additionnelles dans le cadre du nécessaire redressement salarial accordé dans le réseau, elles ont obtenu un ajout substantiel du niveau de leur financement de l’ordre de 50 millions $, grâce à un règlement intervenu le 6 avril 2001 avec l’Association des garderies privées du Québec.

De plus, confier le reste du développement au secteur des garderies à but lucratif est aussi une perspective inquiétante pour les régions dans la mesure où depuis la levée du moratoire sur leur développement il y a près d’un an, leurs demandes de développement ont été concentrées dans la région métropolitaine de Montréal.

4- Famille, un luxe individuel

Avoir un enfant est un geste individuel mais cela répond à une nécessité collective. En ce sens, il est donc juste que les parents soient reconnus et soutenus en retour par l’État. Comme pour la maternelle, la reconnaissance des services de garde comme étant un service essentiel et universel aux parents du Québec doit demeurer une priorité pour notre gouvernement.

Il faut tenir compte également que les familles utilisatrices des services de garde sont pour la plupart en début de carrière, aux premiers échelons des échelles salariales et elles ont souvent des dettes d’études à payer, des intérêts sur un prêt pour une résidence, des paiements de voitures, et… des frais de garde. Le coût des services à 5 $ leur a enlevé une énorme pression financière.

Enfin, de nombreuses études démontrent que de permettre aux jeunes enfants de fréquenter un service de garde de qualité, d’avoir accès quotidiennement à un environnement stimulant et éducatif est un investissement pour un gouvernement.

5- Manifestation à Montréal

C’est pourquoi les membres de la Coalition pour le maintien de l’universalité des services de garde invitent la population à une manifestation, qui aura lieu le samedi 14 juin 2003 à 13 h au Carré Dominion (angle des rues Peel et René-Lévesque, à Montréal).