Pour aider nos membres qui ont perdu leur emploi

Les sans emploi, ce sont souvent nos anciens collègues de travail qui ont perdu leur emploi et qui aujourd’hui vivotent sur l’assurance-chômage, quand ce n’est pas sur la sécurité du revenu. Le resserrement des critères a fait passer la proportion des chômeurs couverts par l’assurance-chômage de plus de 90% en 1993 à moins de 43% en 1997. À moins d’avoir accumulé des économies importantes, plusieurs personnes au chômage doivent aujourd’hui s’adresser à la sécurité du revenu.

Si la plupart arrivent à se trouver un emploi assez rapidement, nombreux sont ceux et celles qui n’ont rien trouvé après des mois de recherche d’emploi. La situation est particulièrement dramatique pour les travailleurs et les travailleuses âgés de plus de 45 ans. Une étude réalisée par la SQDM nous apprend que le nombre de chômeurs a augmenté de 167.5% chez les 45-64 ans en 20 ans. Pour les 55-64 ans, le taux d’activité est passé de 75% en 1976 à 50% en 1996. Et ce n’est pas parce qu’ils se sont prévalu du fameux «Liberté 55» dont nous parle la publicité! C’est parce que de moins en moins d’employeurs acceptent de les embaucher et qu’ils se découragent. La durée moyenne du chômage des travailleurs et des travailleuses de plus de 45 ans atteint plus de 36 semaines, 33% de plus que la moyenne de l’ensemble des chômeurs.

Il n’est pas irréaliste de penser que nous pourrions développer de nouveaux services de placement pour aider nos membres à retrouver un emploi lors de fermetures d’entreprises ou encore de mises à pied importantes. Nous avons une expertise certaine pour aider nos membres qui ont perdu leur emploi à réintégrer le marché du travail ou à réorienter leur carrière par la voie de la formation. Avec les comités de reclassement qui sont mis en place lors de mises à pied importantes ou de fermetures d’entreprise. Avec des mécanismes de placement de nos membres comme c’est le cas dans le secteur de la construction. Avec une approche sectorielle comme celle du syndicat des Métallos qui, dans le secteur de la sidérurgie est impliqué dans la formation et le placement des membres.

Ce syndicat est membre du Conseil canadien du commerce et de l’emploi dans la sidérurgie, organisme paritaire responsable de la formation de la main-d’œuvre du secteur. Par son action, le conseil supporte la réadaptation des travailleurs mis à pied d’une façon définitive en leur offrant une formation qui leur permet de réintégrer le marché du travail. Au Québec, les comités paritaires de formation des entreprises du secteur sont impliqués dans le programme et négocient avec les partenaires éducatifs les contenus de formation. La formation théorique étant suivie d’une formation en entreprise, le taux de placement qui en découle s’avère très élevé (plus de 80 %). L’approche est actuellement à l’étude à Emploi-Québec où deux comités sectoriels, dans le secteur de l’acier et des produits de transformation de l’acier, sont impliqués dans l’élaboration d’un projet pilote.

Les comités sectoriels de main-d’oeuvre étant au coeur de la définition des besoins de main-d’oeuvre et des compétences nécessaires pour occuper les emplois de leur secteur, nous pourrions envisager le développement de services de placement sectoriels. Plusieurs métiers ou professions étant présents dans plus d’un secteur, des mécanismes de concertation intersectorielle pourraient aussi permettre d’étendre la diffusion de l’information entre les secteurs d’activité.

Des services de placement sectoriels pour le reclassement de nos membres

La FTQ propose d’étudier la possibilité de développer des services de placement sur une base sectorielle, en négociant avec les employeurs du secteur ou sur une base strictement syndicale.