Pour aider les personnes plus vulnérables

Bien sûr, les personnes en recherche d’emploi ne sont pas toutes dans la même situation. Plusieurs chômeurs et chômeuses retrouvent rapidement un emploi, même si c’est souvent à des conditions inférieures. Les jeunes qui sortent de l’école avec une formation plus avancée, et surtout ceux qui ont acquis leur formation dans des secteurs en demande ont aussi davantage de chance de trouver un emploi rapidement.

Mais pour d’autres, la situation est beaucoup plus dramatique et ces personnes sont d’autant plus vulnérables que le taux de chômage est encore très élevé : les personnes handicapées, qui sont particulièrement discriminées dans leur accès à l’emploi; les personnes immigrantes, qui font souvent face à la discrimination sinon au racisme; les personnes qui ont travaillé très longtemps pour un seul employeur; les jeunes qui n’ont aucun diplôme; les travailleurs et travailleuses plus âgés qui sont présumés, à tort, dépassés par les changements qui touchent le monde du travail et peu qualifiés pour les emplois qui se créent; les femmes, et particulièrement celles qui sont monoparentales, qui retournent sur le marché du travail après avoir élevé leurs enfants, et enfin celles qui demeurent confinées à des ghettos d’emplois et peuvent difficilement faire leur place dans les emplois traditionnellement occupés par des hommes.

Plusieurs personnes ont donc besoin d’un soutien particulier pour entrer sur le marché du travail. Parmi les mesures d’insertion en emploi supportées par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité, plusieurs réfèrent à des stages en milieu de travail permettant aux personnes sans emploi et parfois sans expérience de travail d’acquérir des habitudes de travail ou des compétences particulières. Les mesures d’insertion peuvent aussi comprendre des programmes de subvention salariale pour inciter les entreprises à embaucher des personnes qui risquent de demeurer longtemps sans emploi si on ne leur offre pas la possibilité de démontrer leurs capacités et leur intérêt à travailler.

Pour plusieurs personnes, la possibilité de faire un stage en milieu de travail s’avère une solution intéressante pour faciliter ensuite l’accès à l’emploi. Évidemment, les syndicats sont peu ouverts à de tels stages lorsqu’ils sont demandés dans un contexte de coupures. D’autant plus que les milieux de travail ont été échaudés par la multiplication des demandes de stages de toutes sortes, provenant de nombreux organismes et ministères. Et parce que cela permettait souvent aux entreprises de profiter d’une main-d’œuvre à bon marché, ce qui avait pour effet de limiter la création de véritables nouveaux emplois.

Mais nous pouvons sûrement apprendre de nos expériences passées et trouver des moyens de permettre aux personnes qui n’ont pas d’expérience de travail ou qui ont quitté le marché du travail depuis longtemps d’acquérir suffisamment d’expérience pour se sortir de l’exclusion.

Les programmes d’insertion en emploi

La FTQ propose aux syndicats locaux de faciliter l’accès à des expériences de travail pour les personnes sans emploi en négociant avec les employeurs les conditions des programmes d’insertion en emploi de façon à s’assurer que ceux-ci ne sont pas utilisés pour obtenir une main-d’œuvre à bon marché échangeable aux six mois. Il faut, entre autres, exiger que ces stages soient d’une durée suffisante, soit au minimum un an, pour permettre une véritable intégration au marché du travail.