Pôrto Alegre: des discussions diversifiées

Accueil

L'Université catholique de Porto Alegre avec la foule des participantes et participants au Forum social mondial.

L'Université catholique de Porto Alegre avec la foule des participantes et participants au Forum social mondial.

La présence de la FTQ à Porto Alegre, c’est trois personnes: Nicole Bluteau, vice-présidente de la FTQ, Dominique Savoie, directrice du Service de la recherche et Claude Melançon, vice-président de l’Association canadienne des avocats du mouvement syndical. Peu de monde mais on se divise en quatre pour vous informer.

Les droits fondamentaux du travail: protection des travailleurs et travailleuses ou frein au développement?

Les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses adoptés à lOrganisation internationale du travail (OIT), souvent appelés clause sociale, et les lignes directrices de l’OCDE concernant les multinationales ont été au cœur des débats d’un panel composé de représentants syndicaux du Nord et du Sud. On reconnaît que les droits des travailleurs et des travailleuses ne peuvent être défendus seulement par des mesures volontaires. Certains proposent cependant que des changements de culture ont eu lieu ces dernières années, notamment parce que les multinationales n’aiment pas voir leur image ternie sur la place publique. Par ailleurs, il est clair que si certaines conditions ne sont pas mises de l’avant, ces droits peuvent être assimilables à des mesures protectionnistes. Notamment, il faut les inclure dans une stratégie globale qui comprend aussi le développement durable des pays du Sud.

Syndicalisme et mouvements sociaux contre la mondialisation

Les difficultés des rapports entre le mouvement syndical et les autres mouvements sociaux ont fait l’objet d’un débat très animé auquel ont participé Hassan Yussuf (CTC) et Carol Phillips (TCA). Tout en soulignant les efforts déployés par le mouvement syndical canadien et québécois au sein de Common Frontiers et du Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC), ils ont eu le courage de soulever des questions qui interpellent directement le mouvement syndical, notamment la faible présence des jeunes dans nos rangs et la nécessité de faire des ponts avec les mouvements sociaux où les jeunes sont très présents. Un représentant des syndicats coréens a bousculé la salle en leur rappelant que ce type de questionnement est le fait des pays occidentaux où le mouvement syndical est suffisamment institutionnalisé pour se sentir menacé par les nouveaux mouvements sociaux. Il a demandé au mouvement syndical occidental de faire une priorité du soutien au développement des syndicats dans les pays où ils sont ostracisés.

Pour un véritable syndicalisme

C’est l’intervention d’un Africain de la Côte d’Ivoire qui a retenu l’attention. Il a souligné l’importance pour le mouvement syndical du Nord de se préoccuper de l’affaiblissement de leurs structures syndicales à cause du néolibéralisme des gouvernements occidentaux et des pratiques de sous-traitance des entreprises. Par ailleurs, le développement du syndicalisme dans les pays en voie de développement passe par une plus grande démocratie dans la vie citoyenne et de travail: droit d’appartenir au syndicat de son choix (vs les syndicats d’État), de travailler pour un revenu décent (vs une forme de travail forcé), de militer sans mettre en danger sa propre vie. Il a lancé un appel à la solidarité internationale notamment pour faire face à l’impunité notamment dans les cas d’assassinats de militants syndicaux.

> [ Consultez toutes les nouvelles sur Pôrto Alegre dans la section Solidarité internationale ]