Politique jeunesse FTQ : Pour une pleine participation des jeunes à la vie syndicale

Jacques Théoret, Conseiller - Dossier jeunes

Jacques Théoret, Conseiller - Dossier jeunes

En prévision du congrès de la FTQ de la fin novembre où sera débattue une importante déclaration de politique jeunesse, le Monde ouvrier a rencontré des jeunes impliqués dans leur section locale, leur syndicat ou leur conseil régional à l’occasion d’une réunion du Comité jeunes FTQ tenue le 17 septembre dernier.

Le projet de politique jeunesse FTQ s’est forgé dans la suite du colloque sur les jeunes et le syndicalisme tenu par la FTQ en janvier 2000 et qui a permis de préparer la participation de la FTQ au Sommet du Québec et de la Jeunesse, un mois plus tard. Ce projet de politique jeunesse et le plan d’action qui en découlera visent à assurer la pérennité du syndicalisme et la pleine participation des jeunes dans nos rangs.

Un tour de table a permis de constater que les militantes et militants jeunes n’ont pas attendu pour mettre de l’avant différentes initiatives pour favoriser l’accueil et l’intégration des jeunes dans leur milieu de travail ou dans les structures syndicales, que ce soit au niveau de l’assemblée générale, du conseil syndical ou autre. Laissons-leur la parole.

Mhaji Mouhssine, Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC)

«Chez nous, dans le Vieux-Port de Montréal, près de 90 % de nos membres sont des jeunes. On tient à ce qu’ils puissent avoir accès à leur délégué en tout temps et c’est pourquoi on a fourni à chacun un téléavertisseur dont le numéro est connu des membres. On a également négocié un article dans la convention collective qui prévoit que le syndicat doit rencontrer tout nouvel employé dans les sept jours de l’embauche. L’employeur a tenté, au début, de boycotter cet article mais 100 griefs plus tard, il a dû s’y conformer».

Martin Courville, Syndicat des Métallos

«La plupart de nos conventions collectives comportent des clauses pour la rencontre des nouveaux membres. Mais trop souvent, ce sont les employeurs qui les informent sur leur convention et font signer la carte syndicale. Il faut que ça change. Il faut arrêter de penser qu’un jeune qui arrive dans notre milieu de travail n’est pas là pour longtemps. Surtout, il faut garder vivant le passé syndical dans une entreprise et c’est avec les jeunes qu’on peut y arriver».

Éric Rancourt, Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA)

«Il y a eu énormément d’embauches chez Canadair récemment et on s’est rendu compte qu’on avait perdu l’habitude de l’accueil des nouveaux avec une trousse, des informations sur le syndicat, ses réalisations, etc. On est en train de se rattraper, notamment en demandant plus de permanents pour pouvoir rencontrer et initier les nouveaux membres. On veut pouvoir les informer sur nos batailles passées, par exemple le Comité de survie qui avait été mis sur pied il y a quelques années».

Julie Ferland, Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP)

«Ma section locale a une accréditation qui couvre tout le Québec, ce qui complique la logistique de l’accueil des nouveaux membres, des jeunes. Mais il faut persister, les appeler, aller au devant d’eux. Comme déléguée en chef des griefs, c’est clair qu’ils m’appellent lorsqu’il y a un problème à régler mais ça ne peut remplacer une vraie structure d’accueil».

Claude Kinkaid, Fédération interprovinciale des ouvriers en électricité (FIPOE)

«On encourage chaque section locale à avoir un comité jeunes où les nouveaux membres vont se reconnaître, être plus en confiance. Quand j’ai commencé, on n’était pas plus de 15 jeunes dans une assemblée. Aujourd’hui, avec notre travail, avec notre approche auprès des nouveaux membres, on peut être 200 jeunes dans une assemblée de 600 personnes. Notre syndicat a également calculé qu’intégrer un permanent jeune dans les structures aidait les jeunes à s’y reconnaître, à s’impliquer. Les jeunes doivent prendre la relève».

Daniel Gagné, Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-298)

«Il est essentiel d’avoir l’appui de nos directions syndicales pour mener à bien l’intégration des jeunes. Dans mon syndicat, on organise des rencontres mensuelles du Comité jeunes et on essaie d’être présents en organisant des pique-niques, par exemple, en publiant des articles régulièrement dans le journal syndical sur les jeunes, en animant une page WEB et des séances de questions-réponses en ligne».

Steve Pépin, Métallos – Conseil régional FTQ Québec et Chaudière-Appalaches

«Il faut que les exécutifs locaux fassent un effort spécial pour informer les jeunes membres, les nouveaux qui souvent ne connaissent même pas le nom des dirigeants syndicaux. L’information ne circule pas suffisamment et ça se reflète dans la faible participation aux assemblées syndicales. Il faut aller chercher les jeunes, aller au devant d’eux. Des gestes aussi simples que de changer de place à l’heure du dîner pour aller s’asseoir avec des jeunes, discuter avec eux, ça peut faire la différence».

Chantal Bertrand, Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB-57)

«Par ma position au conseil régional Laurentides-Lanaudière, je reçois beaucoup d’appels de jeunes membres qui ne savent pas quel est leur syndicat, encore moins qui sont leurs dirigeants. Ils posent des questions sur leurs droits, etc. C’est clair que l’information ne circule pas suffisamment, qu’il existe des problèmes quant à l’intégration des jeunes membres. Il faudrait systématiquement des structures d’accueil, un guide, dans chaque syndicat».