Plus de 50 000 personnes marchent pour la santé

Plus de 50 000 personnes ont marché dans les rues de Montréal ce samedi afin de manifester leur attachement au système de santé universel, gratuit et public. Pour les manifestants, le message au gouvernement du Québec est clair et limpide : notre système de santé n’est pas à vendre.

Organisée par une vaste coalition du monde syndical, d’organismes de la société civile provenant du monde communautaire, étudiant, féministe, universitaire, groupes de retraités et médecins, la marche a fait l’unanimité autour du thème Ensemble pour la santé.

Le président de la FTQ, Michel Arsenault a demandé une fois de plus au ministre de la santé, Philippe Couillard de mettre à la poubelle le rapport Castonguay et ses recommandations qui visent à faire plus de place aux privé en santé et qui encourage les médecins à se désaffilier du régime public.

Appel à une société en santé pour tous

Les porte-parole du Collectif « Une société en santé pour tous », estiment que « le Québec est arrivé à un moment charnière où certains voudraient profiter de problèmes, bien réels, d’accès au système de santé pour promouvoir une ouverture complète au financement privé de la santé, à la commercialisation des services médicaux, à une médecine de pointe accessible instantanément pour qui en a les moyens et à une médecine de corridor pour les moins nantis. »

« Les méthodes employées par les promoteurs du tout privé en santé sont insidieuses : saigner les services publics de ressources humaines et financières essentielles, refuser toute ouverture à des changements profonds des façons de faire en rejetant la faute sur les syndicats et autres groupes de défense des moins nantis, mettre la table pour un désengagement massif des médecins participant à la RAMQ en augmentant le nombre de chirurgies réservées au privé », voilà ce que le rapport Castonguay propose aux Québécoises et aux Québécois.

Le privé en douce

De nombreuses initiatives du secteur privé en santé se sont multipliées depuis l’arrêt Chaoulli en Cour suprême en juin 2005.

Au nombre de ces initiatives, profitant de soi-disant zones grises dans la loi :

– La pratique de chirurgies en clinique privée par des médecins engagés attachés à un centre hospitalier public et rémunérés par la RAMQ (Clinique Rockland MD) alors même que des blocs opératoires ne sont pas utilisés ou sont sous-utilisés au centre hospitalier;

– La possibilité d’ajout par règlement de chirurgies qui pourraient être couvertes par des assurances privées en plus des genoux, des cataractes et des hanches;

– La multiplication des services de courtage pour l’obtention rapide de rendez-vous médicaux avec bilan de santé;

– L’arrivée de services privés de télé-consultations médicales avec tests sanguins et autres tests diagnostiques avant même la tenue de la consultation.

« Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Philippe Couillard, se montre ouvert à plusieurs recommandations du rapport Castonguay. La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget aussi. Le premier ministre, Jean Charest, a même affirmé, dans une entrevue radiophonique, que c’est 60 % du rapport qui sera appliqué. Il y a péril en la demeure », selon les porte-parole du Collectif.

Des solutions existent au sein même du système public

Pour peu qu’on s’applique à revoir les pratiques et l’organisation du travail, des horaires d’utilisation des équipements, les possibilités de délégation de certains actes ou tâches, des solutions bien concrètes existent au sein même de notre système public de santé, au sein des établissements. « Les soins de santé ne sont pas un produit commercial, notre système de santé est un joyau qui, bien qu’imparfait, doit être conservé et amélioré », ont conclu les porte-parole.

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