Plaque commémorative du 28 avril à la FTQ : « Nous ne vous oublions pas »

De gauche à droite, Michel Arsenault, directeur québécois des Métallos et vice-président de la FTQ, Richard Goyette, président du comité santé et sécurité de la FTQ, Henri Massé, président de la FTQ et Jean Lavallée, président de la FTQ-construction et vice-président de la FTQ <br> <br><i>Photo Serge Jongué</i>

De gauche à droite, Michel Arsenault, directeur québécois des Métallos et vice-président de la FTQ, Richard Goyette, président du comité santé et sécurité de la FTQ, Henri Massé, président de la FTQ et Jean Lavallée, président de la FTQ-construction et vice-président de la FTQ

Photo Serge Jongué

Montréal, mercredi 27 avril 2005 – Le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), M. Henri Massé, accompagné du secrétaire général, M. René Roy et de vice-présidentes et vice-présidents de la centrale, a dévoilé ce matin une plaque commémorative à la mémoire des travailleuses et travailleurs décédés au travail ou à cause de leur travail. Cette plaque est apposée au rez-de-chaussée de la Tour FTQ au 565, Boulevard Crémazie Est.

Plus qu’un symbole, un rappel quotidien

« Cette plaque est plus qu’un symbole, c’est un rappel quotidien pour chacun d’entre nous, pour les employeurs, pour les gouvernements que nos consoeurs et confrères décédés au travail ne seront pas morts en vain et qu’il est de notre responsabilité de prendre tous les moyens afin que personne n’ait à œuvrer dans un milieu de travail non sécuritaire », a indiqué le président de la FTQ.

« Nous interpellons les employeurs, mais aussi et surtout le gouvernement qui n’a toujours pas manifesté la volonté politique, 21 ans plus tard, d’appliquer dans tous les secteurs d’activité et tous les milieux de travail les mécanismes de prévention prévus dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail », a ajouté M. Massé, non sans rappeler que la FTQ fait ce rappel année après année depuis l’adoption de la loi.

Inciter les autorités à passer de la parole aux actes

« Nous avons salué, en 2002, l’adoption par l’Assemblée nationale du Québec d’une motion soulignant le 28 avril comme Journée de commémoration des personnes mortes et blessées au travail.

« Ça n’a pas empêché le décès de 175 travailleuses et travailleurs l’année suivante et de 176 en 2004 dont 32 décès dans le seul secteur de la construction. Ces funestes statistiques ne se démentent pas année après année et devraient inciter les autorités à passer de la parole aux actes », a fait valoir le président Massé.

Derrière les statistiques

« Les statistiques annuelles de la CSST ne sont pas plus intelligentes que toutes les autres statistiques. Quelqu’un disait des statistiques qu’elles sont comme un bikini. Elles cachent d’abord l’important.

« L’important, ce n’est pas qu’il y ait entre 175 et 200 décès par année au Québec… l’important, c’est que dans presque tous les cas de décès, les rapports mentionnent que c’est à cause d’un manque de formation et d’information qu’un accident mortel arrive. C’est pas la fatalité, c’est l’irresponsabilité, la responsable! Là-dessus, on peut faire quelque chose! », a souligné Henri Massé.

Un exemple tragique

Un exemple : les deux travailleurs d’Hydro-Québec, morts noyés à LG4 le 26 novembre 2003 en faisant l’inspection des assises du pont de l’évacuateur, quand le camion qui soutenait la nacelle dans laquelle ils prenaient place a basculé, les plongeant vers la noyade.

L’enquête du coroner, dont le rapport vient d’être rendu public il y a quelques jours, confirme le rapport de la CSST qui avait révélé « que l’opérateur n’avait jamais eu de formation spécifique sur l’appareil de levage et a appris sur le tas au cours de ses huit années d’emploi chez (le sous-traitant) Sablyx.

La compagnie ne lui a pas fourni de formation sur le camion à nacelle, ni sur le principe de levée des charges. Il n’a jamais vu le manuel d’instruction ». Sans cette inconscience, l’ingénieure Brigitte Gagnon, 42 ans, de Saint-Fulgence, et le technicien Pierre Gauthier, 46 ans, de Chicoutimi-Nord, seraient encore vivants parmi nous.

Les origines du 28 avril

Rappelons que c’est le 28 avril 1996, à la suite d’une première initiative en ce sens au Canada, que des syndicats de plus de 70 pays ont organisé pour la première fois des cérémonies commémoratives afin de souligner le nombre effarant de personnes mortes, blessées ou ayant contracté une maladie professionnelle.

Depuis ce temps, la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a officiellement proclamé le 28 avril comme la Journée internationale de commémoration des personnes mortes et blessées au travail. L’Organisation internationale du travail (OIT) a emboîté le pas et engagé le processus afin de faire proclamer cette journée commémorative par les Nations unies.

La FTQ encourage tous ses affiliés et leurs syndicats locaux à commémorer à leur façon, dans les différents milieux de travail, cette journée de deuil.

Vous trouverez ci-après le texte de la plaque dévoilée aujourd’hui :

JOUR DE DEUIL NATIONAL

À tous ces hommes et ces femmes
À tous ces enfants, car il en eut
Sur qui le travail apposa sa marque,
Sa signature
Meurtrissant leur chair
Brisant leur âme
Volant leur vie.

À ceux et celles qui
Encore et encore
Année après année
Affirment et témoignent
En signant de leur sang
Qu’il nous reste tant à faire.

À tous ceux-là, nous disons
Nous ne vous oublions pas.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.