Place des Arts :Les 150 techniciens de scène retrouvent leur emploi - Médiation spéciale pour régler le conflit

Montréal, 31 janvier 2001 - Les 150 techniciens de scène de la Place des Arts à Montréal, qui avaient été congédiés par leur employeur, retrouvent leur emploi après un conflit qui aura duré plus de 19 mois. Ils ont accepté de suspendre leur grève pour une durée de 30 jours, le temps qu’un médiateur spécial aide les parties à négocier le renouvellement de la convention collective. Cette position a été acceptée par un vote de 97 % des grévistes réunis en assemblée générale hier soir. Le retour au travail doit se faire à compter d’aujourd’hui.

Les techniciens sont membres de la section locale 56 de l’Alliance internationale des employés de scène, de théâtre et de cinéma (AIEST), affiliée à la FTQ.

La direction de la Place des Arts avait décidé, le 11 novembre 1999, de congédier ses techniciens qui étaient en grève légale depuis le 22 juin 1999. Or, après plusieurs jugements donnant raison au syndicat, la Cour supérieure, le 25 janvier dernier, émettait une injonction permanente ordonnant à l’employeur de ne plus recourir à des briseurs de grève et, donc, d’annuler la décision de congédier ses techniciens en grève. L’employeur, qui voulait porter cette décision en appel, a accepté de suspendre sa guérilla judiciaire le temps que durera la médiation.

De son côté, le syndicat suspend l’exercice de son droit de grève jusqu’au 1er mars. D’ici là, le syndicat et l’employeur vont tenter de renouveler la convention collective avec l’aide d’un médiateur choisi par les deux parties.

Intervention du premier ministre Bouchard
« Les techniciens ont accepté cette voie de solution pour trois raisons principales, explique M. Henri Massé, président de la FTQ. D’abord, ils le font à la demande expresse du premier ministre du Québec, M. Lucien Bouchard, qui est personnellement intervenu ces derniers jours pour aider à régler ce long conflit dans une société d’État. Ensuite, ils veulent donner une chance à la négociation qui va reprendre pour la première fois depuis le congédiement des grévistes. Enfin, les techniciens veulent assurer la présentation des nombreux spectacles qui risquaient d’être annulés à la Place des Arts à la suite de l’injonction permanente. »

M. Massé ajoute : « Il faut maintenant laisser toute la place à la négociation, comme nous le demandons depuis le début du conflit. Je suis persuadé que, d’ici un mois, grâce à des négociations intensives, nous pouvons en arriver à un règlement honorable pour les deux parties. »

Un syndicat présent depuis 35 ans
« Notre syndicat est présent à la Place des Arts depuis exactement 35 ans, ayant été accrédité le 2 février 1966, rappelle le président de la section locale 56 de l’AIEST, M. Eddy Kreutzer. Nos relations avec l’employeur ont généralement été harmonieuses, jusqu’à récemment. Le syndicat avait même accepté, lors de son dernier contrat, une baisse de la masse salariale de l’ordre de 6 %. À l’expiration du contrat, le 28 février 1999, nos membres ont voulu négocier un rattrapage. Tout ce que nous voulons, c’est signer dans la dignité un nouveau contrat de travail. »

« Nos membres ont vécu une longue et éprouvante bataille, et ils ont réussi à tenir le coup grâce à la solidarité extraordinaire manifestée par la FTQ et ses syndicats, ajoute M. Bertrand Turgeon, représentant de l’AIEST. Nous tenons aujourd’hui, officiellement, à remercier tous ceux et celles qui nous ont appuyés dans cette lutte qui les concerne aussi, car il s’agit d’une lutte pour le respect du Code du travail. »

Le respect des lois du pays
Le président de la FTQ, M. Henri Massé, conclut : « La FTQ et ses syndicats se sont engagés à fond derrière le syndicat des techniciens de la Place des Arts parce qu’il s’agit d’une lutte fondamentale pour l’ensemble du mouvement syndical dans une société démocratique. C’est une lutte pour obliger un employeur, et qui plus est une société d’État, à respecter les lois du pays, en l’occurrence les lois québécoises du travail. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.