Place des Arts : L'employeur perd pour une troisième fois devant les tribunaux - La FTQ demande à la société d'État de mettre fin à sa guérilla judiciaire et de négocier de bonne foi

Montréal, 29 décembre 2001 - Dans une décision majeure qui vient d’être rendue publique, la Cour d’appel du Québec rejette la requête de la direction de la Place des Arts qui demandait la permission d’en appeler du jugement rendu récemment par le juge Réjean Paul, de la Cour supérieure, jugement qui donnait raison au syndicat dans le conflit de travail en cours à la Place des Arts depuis maintenant un an et demi.

Les 150 techniciens de scène de la Place des Arts sont en grève légale depuis le 22 juin 1999. Ils sont membres de la section locale 56 de l’Alliance internationale des employés de scène et de théâtre (AIEST), affiliée à la FTQ.

Dans sa décision, le juge Réjean Paul confirmait un jugement rendu auparavant par le juge Claude Saint-Arnaud, du Tribunal du travail. Celui-ci avait reconnu la Place des Arts coupable d’avoir embauché des briseurs de grève et rejeté ses prétentions que la grève était terminée sous prétexte qu’elle avait congédié les techniciens.

Le juge écrivait : « Prétendre que par magie il n’y ait plus de grève, au seul motif que les services ne sont plus offerts, est inacceptable quand on connaît la jurisprudence voulant que la décision de mettre fin à une grève est exclusivement l’affaire de l’instance syndicale. » C’est cette décision que le juge Réjean Paul a confirmée en statuant : « Il y a grève légale du syndicat et il y a donc obligation pour la Société de la Place des Arts de respecter le Code du travail. »

Réaction du président de la FTQ, M. Henri Massé
Le président de la FTQ, M. Henri Massé, déclare à ce sujet : « Il est maintenant grand temps que l’employeur mette fin à sa guérilla judiciaire et à sa stratégie d’affrontement. Il doit négocier de bonne foi le renouvellement du contrat de travail des techniciens, dont le syndicat est présent à la Place des Arts depuis plus de 35 ans. Nous sommes intervenus en ce sens auprès du premier ministre du Québec, M. Lucien Bouchard, et de la ministre du Travail, Mme Diane Lemieux. Ils doivent obliger leur société d’État à reprendre les négociations et à conclure un règlement honorable pour les parties. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.