Place des Arts : Grande victoire du syndicat des techniciens et de la FTQ - Le congédiement des techniciens de scène était illégal, juge un Commissaire du travail

Montréal, 4 septembre 2001 - Dans une décision importante qui vient d’être rendue publique, le Commissaire du travail Michel Marchand annule le congédiement signifié aux techniciens de la Place des Arts, le 11 novembre 1999, ordonne à la SOCIÉTÉ DE LA PLACE DES ARTS DE MONTRÉAL de réintégrer les 100 plaignants dans leur emploi, avec tous leurs droits et privilèges, dans les huit (8) jours de la signification de la décision et ordonne le versement aux techniciens, à titre d’indemnité, de l’équivalent du salaire et des autres avantages dont les a privés leur congédiement.

Une bataille qui dépasse le cadre de la Place des Arts

« Il faut saluer la détermination et la solidarité des techniciens de scène pour cette victoire majeure. Ils n’ont jamais douté de leur bon droit malgré certaines campagnes de dénigrement systématique de leurs conditions de travail. Il faut également souligner l’appui non seulement moral mais bien concret des syndicats affiliés à la FTQ sur les lignes de piquetage, dans les manifestations, par des lettres d’appui et un soutien financier.

« La bataille des techniciens de la Place des Arts dépasse largement le cadre de cette institution. Nos membres ont bien compris, dès le départ, que s’ils laissaient un employeur arrogant remettre en question les assises mêmes de nos relations de travail, et au premier chef les dispositions anti-briseurs de grève, ce sont des milliers de travailleuses et travailleurs dans tous les secteurs qui en auraient subi les contrecoups », a déclaré le président de la FTQ, M. Henri Massé, dans un premier commentaire sur la décision Marchand.

Un quatrième revers juridique pour l’employeur

« Cette décision vient corriger une injustice flagrante ayant découlé d’une gestion irresponsable de la part de la direction de la Place des Arts. Il s’agit surtout du quatrième revers de cette direction devant les tribunaux du travail sans compter les revers subis devant les Cours supérieure et d’appel après qu’elle eut choisi une stratégie d’affrontement dans laquelle elle a investi des sommes colossales à même les fonds publics plutôt que de rechercher des solutions de long terme à un conflit que l’employeur a sciemment entretenu en bafouant nos lois du travail.

« Encore une fois, nous souhaitons que la décision du commissaire Marchand mette un terme à cette guérilla judiciaire insensée et coûteuse. Si ça ne devait pas être le cas, la FTQ prendra tous les moyens pour éviter qu’un employeur comme la Place des Arts puisse impunément nier les droits fondamentaux des travailleurs. Nos ressources sont loin d’être épuisées pour ce faire », a averti le président de la FTQ.

Conflit de travail de 19 mois

Les 150 techniciens de scène de la Place des Arts, membres de la section locale 56 de l’Alliance internationale des employés de scène et de théâtre (AIEST), affiliée à la FTQ, avaient déclenché la grève légale le 22 juin 1999. Le 8 novembre 1999, l’employeur a pris la décision de les congédier illégalement, ce que le Commissaire du travail confirme aujourd’hui.

Plusieurs décisions des tribunaux ont trouvé l’employeur coupable d’avoir embauché des briseurs de grève. Après avoir obtenu une injonction, les techniciens de scène sont retournés au travail en février 2001, suite à l’intervention du premier ministre d’alors, M. Lucien Bouchard, après 19 mois de conflit.

Arrêter les frais et relancer la Place des Arts

« Il faut arrêter les frais dès maintenant », a signalé pour sa part M. Bertrand Turgeon, porte-parole des techniciens de scène. « Les montants énormes engouffrés inutilement en frais juridiques par l’employeur, une image amochée et une baisse d’achalandage marquée des salles ont fait très mal à la Place des Arts.

« Il faut bien saisir l’urgence de la situation pour éviter que ne périclite davantage cette institution montréalaise et lui insuffler un souffle nouveau. Dans ce cadre, les techniciens de scène, avec l’entier appui de la FTQ, sont prêts à mettre les bouchées doubles de concert avec la nouvelle direction pour que tous les efforts soient désormais canalisés vers la revitalisation de ce véritable monument culturel que constitue la Place des Arts. Mais encore faut-il que la volonté y soit du côté patronal », a ajouté M. Turgeon .

De nombreux défis à relever pour la nouvelle directrice générale

« Nous voulons voir comme un signe positif la nomination d’une personne du milieu, Mme Marie Lavigne, qui assumera la direction générale de la Place des Arts en octobre prochain. Elle aura de nombreux défis à relever, non seulement au chapitre de l’assainissement du climat de travail mais également pour redonner à l’institution ses lettres de noblesses comme moteur de l’activité culturelle dans la grande région de Montréal », a conclu M. Massé.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.