Partenariat FTQ avec le milieu scolaire > Apprivoiser le syndicalisme à l'école

L’intérêt de la FTQ pour les jeunes ne s’est pas concrétisé du jour au lendemain. Il est le fruit d’un processus qui a mûri au fil des ans et qui a donné des résultats à plusieurs niveaux. Le dernier-né, un partenariat avec le milieu scolaire, amènera les militants et militantes de la FTQ de toutes les régions à rencontrer des jeunes sur les bancs d’école.

Cela se faisait depuis quelques années déjà : dans les écoles secondaires et spécialisées, dans les universités et à certains colloques, on rencontrait les jeunes pour discuter avec eux de syndicalisme. Dorénavant, ces interventions se tiendront de façon concertée à partir des régions.

Quand le Comité des jeunes de la FTQ a été mis sur pied, en 1999, il en a fait une priorité. L’an dernier, la FTQ a mis au point et testé un contenu de cours destiné aux jeunes, en collaboration avec la Centrale des syndicats du Québec. Un premier groupe de formateurs et formatrices sont déjà à l’œuvre dans plusieurs régions. En décembre et janvier, l’équipe de la FTQ dans Laurentides-Lanaudière a rencontré environ 160 élèves de la Polyvalente Lavigne, à Lachute.

Dans la classe de Claire Barbeau, enseignante en éducation économique (bientôt éducation à la citoyenneté), environ la moitié des 28 jeunes travaillent : marché d’alimentation, dépanneur, pharmacie, restauration rapide et grande surface, des emplois typiques, en majorité non syndiqués. À quelques exceptions près, ils ignorent tout du Code du travail et de leurs droits en vertu de la loi des normes minimales du travail. Ils savent encore moins à quoi sert un syndicat.

Boule de neige
C’est pour répondre à ce besoin que cette enseignante de secondaire 5, comme d’autres, a ouvert sa porte à Chantal Bertrand, représentante des jeunes au Conseil régional Laurentides-Lanaudière, à l’automne dernier. Depuis, les occasions se multiplient. « C’est la conseillère régionale de la FTQ, Lucie Clément, qui a la première présenté le projet à la commission scolaire. Ça m’a facilité la tâche auprès de la direction de la polyvalente», explique Chantal, qui coordonne le programme.

Laurentides-Lanaudière peut déjà compter sur une équipe d’une dizaine de formateurs et formatrices. Mais dix-sept jeunes ont reçu la formation et une autre session sera tenue au printemps. « On forme des tandems, ajoute Chantal. Une personne jeune et une d’expérience. C’est une bonne façon de prendre contact avec les étudiants et aussi de profiter de l’expérience d’un militant de longue date. » Bien sûr, on s’ajuste aux besoins et aux circonstances. Par exemple, le jeu de rôle entre un jeune et un syndiqué d’expérience est un bon moyen d’attirer l’attention et l’intérêt. Mais attention au discours trop partisan, il suscite la méfiance.

« En général, les jeunes manquent d’information sur le rôle des syndicats et sur la participation des membres, constate Jocelyn John, de l’Association des manœuvres interprovinciaux (AMI), un des formateurs. On le voit avec ceux qui arrivent dans la construction.» Son confrère Yves Champagne, du Syndicat national de l’automobile, de l’aérospatiale et du transport (TCA-1163), enchaîne : «Notre objectif est de toucher toutes les commissions scolaires de la région pour échanger avec le plus de jeunes possible.»

Avec ce programme de jumelage école-syndicat, nous faisons d’une pierre, deux coups : les jeunes apprennent à nous connaître et nous nous préparons à mieux les accueillir dans nos milieux de travail.

«Ça faisait vingt ans que je voulais avoir ce genre de contact avec les jeunes.» Yves Champagne, TCA-1163. «Il y en a qui sont syndiqués et qui ne le savaient même pas.» Jocelyn John, AMI